Indiana Jones : Épisode I – Fortune et Gloire
Le Docteur Jones, l'éminent archéologue pilleur de tombes.
Indy, l'aventurier au fouet qui claque comme un coup de trique, toujours sur la brèche, inventeur du saut en canot pneumatique, de la luge en canot, de la chute libre en canot et, comme si c'était pas déjà suffisant, du rafting.
Indiana Jones, le charmeur à la corbeille de fruits, déjà plein de fougue, érudit et téméraire.
On commence par le début. Ça se passe en 1935, soit un an avant une histoire d'Arche d'Alliance. On est à Shanghai et ça chante et ça danse. C'est coloré, ça claquette.
Ça se la joue James Bond ou Bogart sous coco, avec une intro où Indy claque la classe dans un smoking beige tuxedo.
C'est la merde d'entrée et c'est du bonheur.
Une première bobine en feu d'artifice, de ce préambule musical old style entre diamant et poison dans le tripot de Lao Che, en passant par un petit tour en bimoteur où on chatouille le sommet des montagnes et qui fait serrer les fesses, à l'arrivée, fourbus et essoufflés, aux Indes, ses pierres sacrées et ses villages pillés de leurs enfants.
Un rythme trépidant où tonton Spielberg pour sa récréation morbide mélange l'aventure et l'horreur et, non content de rendre au passage hommage aux comédies musicales d'antan, entame le premier looping de son faux-grand 8 avec un enchaînement de péripéties qui sentent bon les sérials et prouvent que le barbu savait torcher des scènes d'action imaginatives, drôles et un peu folles.
Le film est sombre, profondément. Et c'est pas une fin en happy-end qui faussera l'impression d'avoir vécu un pur cauchemar. Parce que si c'est un faux-grand 8, c'est un vrai film de train fantômes. Terrifiant et fichtrement craspec.
Cette ambiance mortifère, dégoulinante, des effets que le suintant Lucio Fulci, Grand Maître du gore à l'italienne, n'aurait pas reniés.
Il y a du Tarzan aussi, avec ses scènes de campement dans la jungle, au coin du feu, et de la balade à dos d'éléphant. Sans oublier des crocodiles mangeurs de chair humaine, sortis d'un Mondo des années 70.
Mais le film est drôle aussi. Drôle et excitant. De la relation filiale avec Demi-Lune, Jonathan Ke Quan qu'on reverra dans « Les Goonies », merveilleux sidekick, ange-gardien casse-cou, assistant facétieux et courageux, aux joutes verbales qui opposent l'aventurier à Willie, Kate Capshaw, la meneuse de revue aux décolletés qui te font réaliser que non, en fait, tu n'es pas totalement sevré. Et ces tenues, je pense surtout à ce truc blanc qu'elle porte quand elle est offerte en offrande aux flammes de la déesse Kali, qui par le jeu de transparences faisaient frissonner mon entrejambe autant que son futur mec me secouait les rétines avec les images qu'il envoyait. Joutes verbales qui ne sont pas sans rappeler la relation tumultueuse entre Han Solo et la Princesse Leia dans StarWars (merci à George Lucas et à Francis Lax).
Des scarabées grillés, des ombres de la nuit, du serpent surprise, des passages secrets, un ménage à trois, des chauves-souris vampires géantes, un as dans la manche, de la soupe aux yeux, marcher sur des gâteaux secs, un pendu à un ventilateur, une opération à cœur ouvert.
Un petit chinois enchaîné, obligé de bosser comme un petit chinois pour se détacher.
Des pierres sacrées qui feraient joli en lampes, boire le sang de la déesse, un chinois qui défonce un maharaja à base d'uppercuts dans sa face, un Harrison Ford torse nu comme le Charlton de la grande époque, de la cervelle de singe en sorbet, servie dans son crâne et une pierre Adidas©.
Fortune et gloire mon ami, fortune et gloire.
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