Amis lecteurs n'ayant pas encore vu le film, plongez vous au fond de votre fauteuil et apprêtez vous à vivre une expérience inédite. Car Inherent Vice, souvent comparé au français Holy Motors et Réalité ou au plus récent oscarisé Birdman, est tout simplement inclassable. Après une introduction très étrange, les 2h28 semblent montées sur un scénario inexistant. Le lied ? L'Héroïne. Pas celle de l'histoire non, mais la drogue, qui est au cœur du film. On en vient même à se demander si Anderson n'a pas réalisé son film sous l'emprise permanente de cette dernière. De ce fait, les critiques partagées sont compréhensibles, même si personnellement je suis fan de ce genre de réalisation, qui nous fait planer du début à la fin. Nous sortons d'un contexte classique et pour cela je remercie Anderson et comparses de réaliser ce genre de film.
Pour le contenu du film, rien à dire, si ce n'est qu'il ne faut pas réfléchir mais accepter la situation telle qu'elle se présente. Dans ce contexte, Joaquin Phoenix réalise son projet le plus abouti dans un rôle d'hippie overshooté, détecteur privé, et malgré tout efficace. Au cœur de ce film planant, Anderson était obligé d'incorporer des femmes nues et des histoires de culs (on repense à la scène entre Joaquin Phoenix et Katherine Waterston, qui nous as tous fait bander (avouons-le nous). Même si la scène du "broute-minou", dès le début du film, pose bien les bases. Du coup, on rit beaucoup, comme si on avait fumé un gros buzz. Bref, du cul, de la drogue, au bord de l'Océan, le film de Paul Thomas Anderson c'est un peu du Woodstock pendant 2h28, pour le pire et surtout le meilleur.