Seulement mon deuxième Ken Loach après Sorry we missed you, si le sujet est différent, on y retrouve ici aussi un commentaire social très terre à terre. Et d'emblée, ce sera peut-être ma limite avec son cinéma (je me laisse encore quelques films, dont ses plus renommés, pour me faire une idée définitive), car si politiquement je suis la même ligne que lui, c'est un cinéma frustrant dans son réalisme.
Le film nous raconte une romance entre un musulman d'origine pakistanaise et une catholique irlandaise, deux personnes que tout sépare au premier abord à la manière de Roméo et Juliette. Et c'est un film très bien construit, qui sait nous entrainer dans son récit pour mieux nous frustrer après. Le tout démarre comme une comédie romantique classique, les deux protagonistes sont très mignons ensemble, on rigole bien, on est presque dans la romcom feel good du dimanche soir.
Puis Loach nous ramène au réel, nos deux tourtereaux sont bourrés d'imperfections, qui sont de plus en plus criantes, mais surtout, le contexte social nous ramène à la dure réalité. La religion et la place des traditions notamment, autant d'obstacles tellement ancrés dans la société dur d'outrepasser. C'est ça ma limite avec Loach (pour l'instant du moins), certes c'est super réaliste et juste émotionnellement parlant, mais justement, je me sens impuissant face à ça, la scène du prêtre en est un exemple parfait, comme le manager dans Sorry we missed you, j'ai envie que la personne en face se rebelle et lui foute un poing dans la gueule, mais le film se veut réel et ne nous laisse que la frustration d'être incapable de changer quoi que ce soit.
Pour finir sur une note plus positive, j'ai adoré les deux acteurs principaux, notamment Eva Birthistle, et leur romance est superbement écrite, on dirait un vrai couple et pas un couple de cinéma, ils sont frustrants, mais ils s'aiment, mais c'est le genre d'amour qui peut durer un mois comme une vie, et le film n'en fait pas plus que nécessaire sur ce point.
Bref c'est une belle découverte, j'ai pas passé un mauvais moment, ça me permet d'explorer un peu plus Loach, mais ça me permet aussi de me rendre compte que son cinéma n'est peut-être juste pas pour moi, en dépit de son importance politique.