Il est dit que le réalisateur / scénariste / producteur Panos H. Koutras souhaitait construire un nanard qui renvoyait avec sympathie aux plus beaux ratés du cinéma.
Le film est donc un hommage aux séries Z.
Pour le comprendre et l'évaluer, la question est : est-il une œuvre honnête ou juste une tentative ratée ?
Le fait que Koutras occupe 3 fonctions (il n'est pas acteur a priori) laisse redouter le pire.
Il n'est ni Ed Wood (Plan 9 from Outer Space de 1959), ni Tim Burton qui lui réalise un de ses plus sympathiques films en tournant le film du même en nom en 1994.
Le budget est donc limité (soit), les effets spéciaux volontairement bâclés (soit).
Mais que dire des homosexuels, des travestis, des droguées, des poupées siliconées, du stéréotype de l'homme politique etc. ?
Est-ce de l'humour ? Ou est-ce de la facilité ? Les grecs s'enc... et se s... c'est bien connu ! Quant aux filles, pourquoi en prendre des moches ?
On peut penser qu'il s'agit là du 2nd degré.
Mais alors où sont les archétypes si chers aux œuvres d'art (que ce soit livre ou cinéma) ? Où est le scénario élaboré, la critique du spectateur qui aime à regarder la vulgarité ? Elle apparait si peu à travers le duo de téléspectateurs devant leur écran qui ne bougent pas tels les Bidochons...
Je m'en réfère donc au reste de la filmographie de Koutras :
- Strella a été sélectionné à Berlin et le film met en scène une transsexuelle ;
- Xenia (dont je n'ai vu que des bribes) a été sélectionné à Cannes ("un certain regard") et questionne à la fois l'imagination de la jeunesse (vs la société) et le regard sur l'homosexualité.
Ni l'un ni l'autre ne souffrent des lacunes de l'attaque de la Moussaka géante.
On aime ou pas, mais les films ne sont pas mauvais en dépit des reproches que l'on pourrait leur faire (longueur, sentimentalisme...).
Alors je tente une dernière approche.
Je mets "La moussaka sur le même plan que la Cité de la peur. Et ici, la comparaison devient terrible (et pourtant je n'aime pas le film de Les Nuls !).
Le 2nd film rend également hommage mais
- écrit également des textes qui restent dans l'imaginaire collectif ("tu bluffes Martoni" / "vous voulez un whisky ? Non juste un doigt. Vous voulez pas un whisky d'abord ?" etc.),
- construit des situations tragicomiques dans un scénario bâti sur la loi de l'emmerdement maximal,
- joue avec les artifices des plans cinématographiques ( les 2 personnages se hélant à 1m de distance..)
etc.
Alors il me vient la conclusion finale suivante : Koutras s'est fait plaisir en réalisant un film potache, vulgaire (et/ou grossier au choix), sans réelle prise de recul sur la société ni volonté de le faire (ça viendra dans ses œuvres suivantes).
Jugeons la Moussaka en tant que telle. Une œuvre médiocre et "cheap" dans tous les sens du terme.
2/10 ? 1/10 pour sa valeur intrinsèque + 1/10 car il peut servir en toile de fond pour une soirée arrosée entre potes ?
Ben non, finalement 1/10 et c'est cher payé !