« Y’a pas d’hélice hélas, c’est là qu’est l’os ! »
1966. Vingt ans que la guerre est finie, et on commence enfin à en rire franchement ! « La Grande Vadrouille » pulvérise les normes de l’époque et impose ses canons du comique, avec les Allemands gueulards et plus bêtes que leurs pieds, et les Angliches à l’accent impossible. Preuve que les temps changent et s’améliorent, cette comédie de guerre bourrée de nazis sera l’une des premières à franchir le Rhin, et connaîtra un succès époustouflant en RFA !
La Grande Vadrouille, c’est le retour du tandem Bourvil/De Funès : et quel retour ! Enfin un scénario digne de leurs talents réunis. Là où Le Corniaud s’essoufflait vite en à peine une heure et demie, La Grande Vadrouille tient sans souci ses presque deux heures : parce que ce film ne se limite pas à la comédie, mais devient une sorte d’épopée comique, mélangeant tous les genres. Une aventure prenante et menée tambour battant, qui s’ouvre comme un film de guerre et se termine en comédie délirante, avec le strabisme le plus célèbre du cinéma français ...
On se souvient des passages comiques : le mythique Tea for two dans les bains turcs, l’imbroglio sur les chaussures, et De Funès atterrissant sur les épaules de Bourvil (une scène d’ailleurs improvisée de A à Z !). Mais il ne faut pas oublier les quelques moments plus travaillés du scénario : Bourvil engueulant De Funès dans les rues de Meursault en pleine nuit, un vélo à la main ; ou au contraire, De Funès tentant de remonter le moral d’un Bourvil au bord de la crise de nerfs, à quelques pas de la ligne de démarcation. C’est dans ces quelques séquences presque dramatiques, bien loin de la farce à la petite semaine, que le tandem livre le meilleur de lui-même.
Avec 17 millions d’entrées dans un pays qui, en 1966, ne comptait que 48 millions d’habitants (et beaucoup moins de salles de cinéma qu’aujourd’hui !), La Grande Vadrouille reste proportionnellement le plus grand succès dans l’histoire du cinéma français. Et c’est plutôt mérité.
Parmi toutes les comédies populaires de l’époque, voilà peut-être la seule qui n’a pas vraiment pris une ride...
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