Il faudrait un jour arrêter avec le snobisme qui voudrait chez certains que seuls les dessins animés mal dessinés et mal animés soient dignes d'intérêt.
Ces monstres qui détestent et méprisent le plus souvent les films d'animation de qualité sont responsables des cultes indécents que l'on retrouve ici et là pour des étrons comme celui-ci et dont la France est bien souvent l'objet, tant il est vrai que pour un Roi et l'oiseau merveilleux, combien d'immondes Kirikou, combien d'ignobles Triplettes de Belleville et combien de litres d'encens dépensés inutilement pour les raisons les plus nauséabondes où l'on retrouve un vieux fond de chauvinisme qui ne s'assume pas, le rejet des enfants et une forte propension à les considérer comme des imbéciles au dernier degré.
Ici, un dessin animée franco-tchécoslovaque de science-fiction qui connaîtra bien entendu le tapis rouge des plus grands festivals tant la médiocrité et la prétention restent depuis longtemps les qualités les plus facilement honorées ici-bas.
René Laloux réalise, excessivement maladroitement, ce film tiré d'un roman de Stefan Wul sur des dessins de Roland Topor et une adaptation des deux compères.
Contrairement à ce que je vois dans vos notes et commentaires ici et là, je n'ai aucun goût pour ces films qui ne respectent pas leurs devoirs minimaux. Un dessin dégueulasse et une quasi-absence d'animation, chez moi sont des défauts déjà rédhibitoires.
Après, au vu de la générosité présente chez mes éclaireurs, je me suis dit naïvement qu'il y avait peut-être quelque chose dans l'histoire qui rattrapait ces défauts trop criards.
Bien entendu, il n'en est rien, une histoire d'une rare lourdeur, une absence complète d'enjeux, un héros au-delà du fadasse, une incapacité flagrante à raconter une histoire et l'ensemble se révèle surtout prétexte à une accumulation de créatures répugnantes sorties tout droit d'un cerveau malade.
Ce foisonnement révulsant sera bien entendu qualifié partout de prodigieux génie ou encore d'imagination tonitruante, et tant pis si la gratuité de ces monstruosités ne sert à rien dans l'histoire, tant pis aussi si le n'importe quoi démontre bien plus souvent la pauvreté de l'imagination que son déploiement et que l'absence de la moindre rigueur d'ensemble semble ici lettre d'or.
Les français ont, sauf rares exceptions toujours été d'une rare nullité tant en animation qu'en science-fiction. S'il en manquait une preuve ultime, Topor et Laloux viennent de nous la fournir avec un zèle qui force presque l'admiration.