C'est avant tout le récit de Roi George VI face à son complexe majeur : son bégaiement, résultant en une profonde anxiété à parler en public. Le long-métrage n'est pas pour autant académique et sur-dramatique ; on en vient même à rigoler quelques fois, grâce à cette opposition des classes entre la royauté et cet expert linguiste des bas quartiers du pays, qui ne prend pas de pincettes. Colin Firth excelle dans sa représentation du roi et Geoffrey Rush lui donne joliment le change. Le rythme du film se crée ainsi de cette relation sensible entre les deux hommes, en un temps de crise dans la famille royale. Hooper porte l'histoire par une réalisation splendide ; la caméra est gracieuse, les jeux de focales subliment les décors (abbaye, intérieurs classieux et chatoyants, papiers peints, extérieurs embrumés) tout en mettant en exergue les émotions des personnages, primordiales. Par ailleurs, la photo contemporaine magnifie cette reconstitution d'époque et lui offre un cachet authentique, qui transforme le film en un réel mouvement symphonique.