Pourquoi raconter la jeunesse et l'ascencion de Vito en parallèle de l'histoire de Mike? Parce que ce récit sur le père met en perspective celui sur le fils.
Là où Vito ne pourra jurer que par les soutiens et gagnera le respect par des actions donnant/donnant, Mike, étant devenu Parrain, ne va faire qu'éloigner petit à petit tous ceux qui l'entourent. La crainte du père était malgré tout empreinte de respect par ses subordonnés. Celle du fils n'est empreinte de rien du tout. Il joue de la menace juste pour assoir sa domination, sans chercher de réelles contreparties, recherchant avant tout les traîtres.
Il élimine ceux qui sont, de son point de vue, des dangers. Avec des marges d'erreur plus ou moins acceptables. Il se retrouve ainsi séparé de ses lieutenants, des ses frères de sang (Sonny est mort dans le premier volet, et Fredo l'a trahi dans celui-ci, sans parler de sa soeur Connie qui s'éloigne d'elle-même, avant de revenir), de ses potentiels associés... L'étape ultime est le départ de sa femme avec les enfants. Le plan final est le symbole parfait de son état. Il est seul dans sa villa devenue trop grande pour lui. Et ce flashback sur un repas de Noël au cours duquel il annonce son engagement dans l'armée est prémonitoire de ce qu'il sera: un homme abandonné.
C'est somptueux.