Un des tous premiers films d'animation français, surtout si l'on considère la version de 1953. En 1980, Grimault sort cette version définitive, aux antipodes du standard Disney de l'époque. Ce long-métrage laisse le conte de fée de côté pour une aventure dénonciatrice et sociale, à la frontière du steampunk. Entre animaux qui parlent, sculptures et peintures qui s'animent à la nuit tombée, et machines futuristes, il y a une réelle créativité dans la conception de ce château farfelu, de sa ville gracieuse en surface inspirée de Venise, et de son village souterrain propre au travail et à la servitude d'un roi mégalomane et de son culte de la personnalité. Les époques et les genres se mêlent, créant une véritable fresque aux tableaux affolant d'inventivité et de détails dans l'animation et les décors. On peux regretter un manque de poésie, certainement voulu par ces couleurs plutôt ternes, et les thèmes représentés. Le ton du film est assez dur, satirique, mais se glisse astucieusement dans cette ambiance fantasque, vue différemment par les enfants, ou les plus grands.