1963 : immense succès des "tontons flingueurs" où le trio Ventura-Blier-Blanche fonctionne à merveille; Du début jusqu'à la fin. Sans la moindre baisse de tension.
1964 : Lautner surfe sur la vague du succès et s'attaque au monde de l'espionnage. Et le film démarre sur les chapeaux de roues. A tous les étages. Benard Shah, le marchand d'armes international que tous les Etats de la planète courtisent a disparu. Le voilà qui est annoncé à Istambul puis le voilà qui meurt "suivant la recette du regretté président Félix Faure". Au SDECE on s'affole. De Gaulle, président, est prévenu. Noel Roquevert en patron du SDECE est comme toujours à la hauteur. Puis l'enterrement avec la pimpante veuve (Mireille Darc) entouré des meilleurs amis et cousins dans un château tendance gothique. Les agents secrets français, allemand, russe et italien irrésistibles. La présentation des CV des agents secrets est carrément hilarante.
C'est excellent. Les escarmouches entre agents secrets. Les couvertures des divers agents secrets. Les réflexions affutées au coin du bois.
"la retraite, faut la prendre jeune" suivi de "Faut la prendre vivant. C'est pas dans les moyens de tout le monde".
" Il ne fallait pas, docteur, ces roses sont une folie, le jardin en regorge...
- Oh, pas les mêmes, petite fée, celles-ci sont en vénélite compressée, inaltérables à l'eau de mer, antimagnétiques, fluorescentes et ininflammables...
Seulement voilà une fois que l'américain (le plus français des américains, Jess Hahn) est venu et s'est virer avec pertes et fracas, c'est la panne. La panne sèche. Le syndrome de la feuille blanche. Il y a les chinois qui débarquent et sortent des murs. En nombre. Qui se font flinguer . En nombre. Le personnel du château est éliminé et remplacé par des chinois. De temps à autre, une petite réplique qui rappelle que c'est quand même Audiard à la manœuvre pour les dialogues.
Et le film se traine péniblement jusqu'à la fin. A Lisbonne, le film et le scénario reprennent du poil de la bête. On se dit "ça y est, c'est reparti" puis non. Mireille Darc cabotine un poil, Ventura ... Ben, Ventura débite des niaiseries même pas drôles et le film se termine par un étonnant
"et il devint bigame au service de la France"
Oui, oui. Je dis oui mais je ne suis vraiment pas convaincu...
J'ai toujours eu un problème sur la deuxième partie du film que j'ai toujours trouvé très inférieure à la première partie.
Bon, c'est le moment tragique de mettre une note. A cause de l'excellente première partie, j'accorde un bienveillant "5"... parce que j'aime beaucoup Lautner et Audiard.