Cette fois-ci pas de Mel Gibson au casting mais un Tom Hardy bien énervé. Ce road trip en enfer signe la renaissance des films d'action et redéfinit principalement le rôle de film d'action. Visuellement, le film est une véritable claque, des scènes d'actions tournées avec des cascadeurs et non des effets spéciaux, redonnent alors toute la virtuosité à ces plans magistraux sur des guerriers fous. Cet opus grandiose, a quand même certains effets sur le spectateur; c'est comme si on l'avait drogué. Toutes les émotions sont démultipliées. Le résultat est à donner des sueurs froides; tout semble si excitant, si haletant qu'on a du mal à réaliser qu'un homme de 70 ans a écrit et réaliser un film comme ça. Et oui car George Miller a peut être 70 ans mais il a encore toute ses dents et rugit comme un moteur V8 face à la vie. Réalisateur des trois premiers opus, ainsi qu'Happy Feet et Babe au passage, il revient avec une rage indescriptible. Son film pensé comme un film muet, laisse parler les images et minimise les dialogues au stricte nécessaire pour nous laisser pleinement savourer ce show d'action sidérant. Ce film vous met un claque et quand vous arrivez à vous révéler il revient vous en remettre une tout juste avant un K.O mémorable.
Qui dit nouvelle trilogie, dit nouveaux acteurs. Car ces nouveaux Mad Max, annoncent un nouveau rythme, et de nouvelle couleurs. Rappelant sauvagement l'ancien aux traits plus méchants, il n'a pourtant aucun égal. Mad Max : Fury Road est un trip lustré sous acide qui marche aussi grâce à un casting magistral.
Tom Hardy revient prendre le blouson de cuir de Mel Gibson et apporte jeunesse et hardeur au personnage. Mad Max n'a plus rien à perdre et ne sait même pas s'il n'est pas fou. Mais Mad Max : Fury Road n'est pas un film sur Mad Max c'est un film du point de vue de Mad Max. Ce qui est mémorable avec cet ovni magistral c'est qu'il est ouvertement féministe, et remet en question le rôle de la femme et son importance. Mad Max s'efface pour laisser L'imperator Furiosa, jouée par une Charlize Theron méconnaissable, montrer que les femmes aussi savent se battre. Celle-ci incarne la force et la lutte incarnée. Elle interprète cette femme brisée par la vie qui ne cherche qu'à donner un peu d'espoir et à sortir les pondeuses d'exception de leur cage. La femme est au cœur de l'action de ce Mad Max, jusqu’où est-elle capable d'aller ? Peut-elle être l'égal de l'homme ? Mad Max de manière très humble et mutique s'efface et ne semble être dans l'ombre que pour mieux se battre. Tom Hardy remplit à merveille son rôle d'homme torturé par les morts et mal à l'aise avec les vivants. Tandis qu’inconnaissable Nicholas Hoult joue avec une justesse mémorable. A mi chemin entre la bête torturée et manipulée, il devient un personnage très intéressant que la vie n'a pas épargné.
Le mot d'L.A. : Finalement, qu'est-ce que George Miller a changé ?
Il a réinventé l'action honnête. Grâce tout d'abord à l'économie d'effets spéciaux -le film a été tourné dans un vrai désert (Sahara) avec de vraies cascades faites sur place, de vraies flammes et explosions- l'univers posé est frappant et convaincant. Il a également était shooté comme une longue séquence explique Charlize Theron, rendant authentique la fatigue des personnages, à la fin d'une scène elle n'était pas bouclée et il fallait enchaîner avec une autre.
Même si le topo est plutôt simple -une poursuite aller, retour- il se passe tellement de choses. On est pendant 2 heures secoués par la nature humaine, on a l'impression d'attendre plus la réaction des personnages que la suite des événements. Ce qui donne un résultat direct sur le spectateur : le film ne nous crache pas à la gueule des émotions fécondes, il nous montre ce qui se passe comme ça se passe. C'est à nous de réagir. On peut clairement le remarquer quant au feminisme du film : George Miller comprend la condition de la femme dans notre société et donc maîtrise la transposition dans ce monde post-apocalyptique. Les femmes ne sont pas TROP badass, pas TROP valorisées, elles sont ce qu'elles sont au même titre que les hommes; dans le futur de Mad Max, c'est comme ça qu'elles seraient.
Quoi de nouveau ? Mad Max, on y croit du début à la fin, parce que chaque personnage, shot, phrase, musique, scène, costume est tellement bon est travaillé (12 ans de travaille pour G.M.) qu'il ne peut-être que fidèle à lui-même.
Les mots n'ont pas la puissance et le choc nécessaire pour retranscrire ce qu'on vit pendant deux heures. Max Max : Fury Road est bien plus qu'une expérience cinématographique ; c'est un chef d'oeuvre d'action.
Sois témoin de ce chef d'oeuvre.
critique co-écrite avec Manon Letondeur des Cinéphiles du Soirlien vers le site