L’histoire présente un jeune garçon venant d’un milieu populaire, qui mène une vie plutôt morose, seul dans son appartement à Marseille, après la mort de sa mère.
Sa sœur de 16 ans débarque un jour pour lui annoncer sa grossesse. Après des retrouvailles difficiles et conflictuelles, on suit l’évolution de cette relation touchante et le rôle de grand frère qu’il prendra à cœur.
Il développe une obsession : cette femme blonde, la boulangère du coin, aux airs de Lady Diana, qui incarne la grâce, la volupté et possède une vive sensualité féminine. Elle apparait comme une lumière dans sa vie si morne et réveille chez lui de nombreux fantasmes. Il la désire, en rêve et pense constamment à elle, mais il lui manque les mots pour l’aborder et l’inviter à sortir.
La réalisatrice nous emmène dans la tête de ce jeune garçon, à travers ses fantasmes amoureux et ses problèmes familiaux. Chaque scène a son importance pour comprendre ce que vivent les personnages et les sentiments qu’ils ressentent.
J’ai aimé la simplicité et la sobriété de ce film. Les regards et les images ont plus de sens que les mots. L’imaginaire du garçon, marqué par ses écrits sur ses sentiments envers cette femme, détonent de sa virilité froide et le rendent d’autant plus touchant.
Comme dans tous les films de Claire Denis, on a affaire à un drame, dont les scènes touchantes, ancrées dans le moment présent, sont marquées d’une grande sensualité.
Ce que j’aime beaucoup dans le cinéma de Claire Denis, ce sont les non-dits qui occupent une place importante. L'usage de dialogues est seulement considéré comme un plus. Elle a d’ailleurs déclaré « J'ai choisi le camp des cinéastes qui font confiance à l'image ».