J'aurais voulu être un hipster
C'est moche. C'est chiant. C'est un peu la même chose que "Stranger than paradise". En fait c'est un peu toujours le même genre d'histoire que Jarmusch torche en deux semaines. Mais c'est brut. Maladroit. Et donc un peu beau. Un peu intéressant.
"Stranger than paradise" et "Down by law" m'ont terriblement ennuyé. Ce film-ci aussi. Mais je l'ai apprécié un peu mieux que les autres pour ses maladresse de débutant. Ses marginaux sont plus intéressants, plus réels. Et surtout moins bavards. M'enfin le pire c'était quand même "The limits of control" où on sent que Jarmusch ne s'inspire plus vraiment du réel, mais qu'il invente totalement. Et tout de suite c'est moins fort. Tandis que les gueules croisées au coin d'une rue de "Permanent Vacation", on a l'impression de déjà les connaître, de les avoir rencontrés nous-même.
Jarmusch c'est un hipster qui met en scène des hipster. Avec le temps, ses personnages seront quand même un peu moins superficiels, mais à la base c'est ça. Ce qui peut expliquer les décors faussement crades. Enfin c'est crade, mais on sent que c'est cool et beau pour lui. Que c'est mieux que le vrai beau. Il n'a pas tort, le chaos a rarement été si joliment filmé.
Donc voilà. Jarmusch des débuts, j'aime pas tellement. Je trouve ça un peu rpétentieux, un peu creux, un peu chiant, un peu moche. "Permanent Vacation" est celui que je préfère de ses trois premiers films. Mais ça reste loin de ce qui me branche.
PS : à noter, le premier rôle au cinéma de Frankie Faison ! Tout jeune mais déjà un peu dodu.