Fin 1943,alors que la Deuxième Guerre Mondiale approche de sa fin,un général américain est capturé par les allemands et emprisonné dans le château de Hohenwerfen,un véritable nid d'aigle qui surplombe le village de Werfen,situé dans les Alpes autrichiennes.Comme l'officier détient des informations secrètes sur le prochain débarquement allié en Europe,les services d'espionnage anglais envoient d'urgence un commando afin de libérer le prisonnier avant que ses geôliers ne le fassent parler.Mais si la mission est quasiment impossible à accomplir,elle est encore compliquée par les mensonges concernant ses buts et les nombreux double-jeux des uns et des autres.Voici un très bon film de guerre à l'ancienne,qui se double d'une intrigue d'espionnage extrêmement sophistiquée et se triple d'une ambiance de suspense en mode hitchcockien.Solidement produite par Elliott Kastner,l'oeuvre est réalisée par l'excellent Brian G. Hutton,qui donnera deux ans plus tard un autre film guerrier encore meilleur,"De l'or pour les braves",avec à nouveau Clint Eastwood.Ce qui caractérise le film est sa maîtrise à tous les niveaux.C'est spectaculaire sans être invraisemblable,rythmé sans être hystérique,et tous les niveaux de fabrication sont soignés,Hutton pouvant s'appuyer sur des techniciens de haut vol.La direction artistique respire la grande classe avec des costumes,des armes et des véhicules d'époque tout-à-fait convaincants,tandis que le réalisateur tire le meilleur parti de splendides décors naturels enneigés.Les soldats se déplacent dans la campagne,dans le village puis dans le château devant une caméra précise qui enchaîne les plans en souplesse et trouve des angles parfaits en gérant à merveille les nombreux dénivelés des paysages et la durée des scènes.L'ensemble est amélioré par une belle musique martiale mais pas envahissante de Ron Goodwin,qui composera pour "La bataille d'Angleterre" l'année suivante,la photo d'Arthur Ibbetson,à la magnifique texture utilisant magistralement les clairs-obscurs,alors que les séquences d'action sont fantastiquement réglées par un as de la spécialité,le cascadeur-chorégraphe Yakima Canutt,ici réalisateur de deuxième équipe.Tout ceci sert à illustrer un brillant scénario de l'écrivain Alistair MacLean,qui a aussi écrit "Les canons de Navarone",et adapte son propre roman.Le script ressemble à un mélange de "Navarone",de "James Bond" et des films d'espionnage paranos que concoctait Hitchcock dans les années 30-40,ce qui donne un cocktail explosif,et ce n'est pas un vain mot vu que ça dynamite sec ici.On pourrait même reprocher à l'auteur d'avoir voulu trop en faire car toutes ces machinations cachant d'autres machinations,toutes ces fausses identités et toutes ces trahisons finissent à la longue par sombrer dans un tarabiscotage pas toujours très clair.Certains éléments sont par ailleurs douteux à partir du moment où les militaires entrent dans le château.Ils s'y baladent un peu trop facilement car même s'ils sont déguisés en soldats allemands personne ne les connait en ces lieux,et pour cause étant donné qu'ils ne font pas partie de la garnison,mais leur présence n'alerte personne.Le long tunnel de poursuites finales est également un peu ardu à avaler avec ces dizaines de boches qui tirent des centaines de cartouches sans jamais atteindre leurs cibles pendant que nos british font mouche à tous les coups,sans parler du plongeon des héros dans la rivière,qu'on suppose glacée,qui ne parait pas les refroidir plus que ça.Richard Burton fait une performance énorme en commandant charismatique dont l'autorité naturelle et le charisme ne se discutent pas un instant.Eastwood est à la hauteur en lieutenant des Rangers US imperturbable,tueur à sang-froid impitoyable maniant aussi bien le couteau que les armes à feu ou les explosifs sans le moindre état d'âme.La belle blonde Mary Ure apporte un soupçon de sensualité bienvenu dans ce monde de brutes en interprétant de manière frémissante un agent anglais d'un courage et d'une dévotion inouïs,qui se trouve par ailleurs être la maîtresse du chef de groupe.Ses échanges avec Burton sont purement érotiques bien qu'il ne soit rien montré d'osé tant la dureté machiste de l'homme et la double soumission,amoureuse et professionnelle,de la fille entrent en contact et provoquent des étincelles électriques.De très bons seconds rôles,principalement anglais,complètent le casting mais on remarque surtout les gueules mémorables des officiers allemands joués par Anton Diffring et Ferdy Mayne.