Joseph (Yvan Attal) vit avec sa femme Catherine (Charlotte Gainsbourg) dont il est amoureux. Pour preuve, il voudrait un enfant. Catherine est réticente, car elle a énormément de mal à accepter qu’on l’aime. Son problème, elle n’ose même pas en parler à Joseph. Elle va jusqu’à lui demander de la suivre à une réunion du type alcooliques anonymes pour tout raconter en public, Joseph restant spectateur.
Plus tard, Catherine est enceinte, elle accouche et tout aurait pu se passer normalement. Les circonstances en décident autrement. Il ne peut pas s’empêcher de lui adresser des reproches, elle ne peut pas s’empêcher de culpabiliser, la dispute est inévitable. Ne supportant pas la situation, Catherine disparaît. Joseph a beau la chercher et remarquer qu’elle est partie sans son chien (nommé Yvan…), il n’aura de ses nouvelles que trop tard, alors qu’elle vient d’être retrouvée morte, sur une plage en Inde.
En Inde, Joseph refuse d’abord d’y aller, ne comprenant pas ce que Catherine est venue y faire. Mais bien sûr, il finit par faire le déplacement. Il rencontre les gens que Catherine a côtoyés. Au fil du récit, le spectateur va réaliser que Catherine a passé un certain temps là-bas. Elle s’est liée avec une jeune femme nommée Gracie (Janagi) qui est internée dans un asile. La raison, c’est que Gracie affirme être en quelque sorte possédée par l’esprit de Catherine ! Elle se comporte en conséquence.
La situation est étrange, aussi bien pour Joseph que pour l’entourage de Gracie. Afin d’éviter tout malentendu, sachez qu’il ne s’agit absolument pas d’un remake plus ou moins déguisé de L’exorciste même si un désenvoûteur va être consulté à propos de Gracie. Le film se focalise avant tout sur les personnages de Joseph et Gracie, ainsi que sur l’ambiance en Inde. Il évoque la complexité du pays, en 1h47 c’est déjà bien puisque l’image présentée ici n’est guère touristique ou romantique. En Inde, on peut s’y perdre. Non pas s’y égarer, mais on peut se retrouver en quelque sorte absorbé par la multitude de personnes qui peuplent le pays. Ventre mou du film, quand on se demande vraiment où le réalisateur veut en venir.
La construction du film est éclatée, avec des flashbacks bien amenés qui vont progressivement faire comprendre comment et pourquoi Catherine est venue en Inde. Les circonstances de sa mort seront également élucidées.
Le réalisateur, Michel Spinosa, n’a jamais cherché à faire dans la facilité (voir notamment Anna M. qui évoque déjà un cas borderline). Ici, il a l’intelligence de laisser finalement le spectateur décider si Gracie est folle ou possédée. Question de croyances ou d’interprétation du film.
Un film nettement plus personnel et original que son titre désespérément anodin. Les interprétations sont convaincantes (notamment Charlotte Gainsbourg dans un rôle où son personnage se montre difficile à cerner, exactement comme il le fallait). Pour la BO, c’est très neutre dans les parties situées en France, puis des sons qui donnent de la crédibilité à l’image de l’Inde.