Dans un passé pas si lointain, on était nombreux à miser sur Venom. C'est vrai quoi, qu'est-ce qu'on avait à perdre ? Eh ben, on l'a découvert. Une catastrophe de rare intensité, à même de ventiler les attentes, le respect au personnage et le talent de Tom Hardy. Arrive le second volet, et avec lui la promesse non pas d'une accalmie mais d'un cataclysme de force supérieure. Et en l'occurrence, quelle réussite ! Bilan encore plus dévastateur que sur le premier, au point où il n'y a réellement plus rien à sauver. Ce qui en soi rend Let There Be Carnage et son prédécesseur plus recommandables que beaucoup de leurs confrères du MCU confinés dans une médiocrité toute calibrée. Difficile de passer derrière un tel jalon, pourtant il faut bien la finir cette trilogie. Une sortie avec les honneurs, puisque The Last Dance est le dernier bousillage en règle de l'illustre symbiote.
Comme son prédécesseur, ce troisième chapitre s'est probablement écrit en un week-end particulièrement aviné puisqu'il n'y a aucun effort pour rendre le tout un chouïa cohérent. Avec des personnages qui se téléportent d'un endroit à un autre en quelques minutes, et des pans entiers du long-métrage qui ne servent à rien (le passage à Las Vegas, au hasard). À en juger par la qualité du script et l'investissement de ses interprètes, tout le monde est à la fête. Tom Hardy alterne entre la gueule de bois et le coma, Rhys Ifans a l'air totalement stone et Chiwetel Ejiofor est en plein bad trip. Un sacré cocktail que ce Venom 3,
dont les tentatives humoristiques sont toujours aussi difficile à digérer (et elles sont nombreuses, merci bien). Cette conclusion a en plus l'audace de tenter de rivaliser avec les morceaux de bravoure des deux précédents (le bassin aux homards ou la soirée en boite de nuit). Là, ce sera donc une (loooongue) reprise de David Bowie en famille ET un numéro de danse sur Abba. Sans rire. Voilà. On en est là. Pour le spectacle, c'est le service minimum avec des séquences de combat vite réglées et des VFX très inégaux. Si encore les Xénophages sont correctement modélisés, les animations concernant le symbiote sont toujours aussi moches sans parler des incrustations de Tom Hardy sur sa moto. The Last Dance parvient néanmoins à faire passer un peu d'émotion dans sa dernière ligne droite, avant de torpiller ce passage avec un best-of des "meilleurs moments" de la trilogie. Puis allez, admettons que Juno Temple s'en sort honorablement avec un personnage mal écrit (comme tous les autres donc). Ce qui fait de ce Venom 3 la conclusion idéale pour une franchise ayant élevé le sabotage au rang de pinacle. Peut-être pas aussi puissant que les deux premiers cyclones s'étant acharné sur le comics. Mais après tout, que restait-il à démolir ? C'est sûr qu'on se souviendra de ce sinistre, mais à vous de décider si c'est une bonne chose.