Malgré ses qualités évidentes, je me souviens que c'est un long métrage que j'ai eu dû mal a appréhender la première fois que je l'ai vu. Et ce pour plusieurs raisons: rythme languissant, personnages multiples et pas forcément attachants (c'est un peu tous des salopards grosso modo), scénario un peu abscons et disparate (ça part sur plusieurs chemins),...
Et au fil des visions, je trouve que les soit disant défauts que j'avais relevé à l'époque, sont en réalité d'énormes qualités qui font que Way of the gun est une oeuvre atypique.
L'excellent scénariste Christopher McQuarrie, passe cette fois ci à la réalisation. Il est également responsable du scénario, mais pas de quoi tartiner des heures là dessus, les dialogues sont très bien écrits, c'est bien noir comme il faut, la plupart des personnages sont complètement déshumanisés, etc...
Non, ce qui est le plus étonnant pour un premier film de McQuarrie, c'est la maitrise de la mise en scène. Les quelques scènes d'actions, que l'ont peut apercevoir, sont très bien réalisées (gestion de l'espace impressionnante) et inventives. La première par exemple, la course poursuite en voiture suite au kidnapping de la jeune femme enceinte. Entre deux ruelles, les truands et les gardes du corps se pourchassent à deux à l'heure, j'avais encore jamais vu ça (ou alors ma mémoire me joue des tours). Ensuite, au milieu du film, il y a le triangle infernal (flics VS truands VS garde du corps) qui se règle au sniper. Et enfin, l'énorme fusillade finale au sein de la hacienda, un passage que n'aurait pas renié Sam Peckinpah. Dans l'esprit je veux dire, puisque la mise en scène est différente.
La seule chose que je regrette dans cette oeuvre, c'est le ton du premier quart d'heure, avec des répliques ironiques et impertinentes, je trouve que ça ne fonctionne pas à chaque fois.
Hormis ce défaut mineur, Way of the gun est pour moi un grand film (trop méconnu hélas).
Un polar âpre et sec comme je les aime. Je dirai même que par moments, ça se rapproche furieusement du western, avec notamment et surtout la dernière partie du récit.