Prendre pour acquis la mort de la comédie musicale au cinéma est un avis, bien que radical, tout à fait entendable aux vues des propositions contemporaine du genre. Le Joker : folie à deux (2024), pour citer un exemple tout proche, démontre dans les grandes largeurs cela en intégrant des scènes musicales type Broadway dans le montage du film mais en ne faisant jamais du long métrage une comédie musicale à proprement parler. Il aura donc fallu qu'un projet soit porter en effectuant la marche inverse, que le cinéma aille chercher un immense succès de Broadway pour lui rendre hommage et le magnifier au travers de la caméra.
Oui, Wicked est une pure comédie musicale doublé d'un conte (de fée?) touchant et profond. L'aspect cartoon et féérique du pays d'Oz ne doit en rien rebuter : vous avez ici affaire à un pur film de cinéma, qui raconte au travers d'un coming of age/ film de princesse/ buddy movie une grande histoire d'amitié féminine et des étapes de celle-ci au travers de la découverte de deux jeunes femmes que tout oppose.
Si le film (tout comme le roman de MacGuire de 1996) traite du sujet de pourquoi avons nous le destin que nous avons, il ne traite pas moins non plus de la conviction en soit et du fait qu'il est finalement plus simple d'être rempli de croyance lorsque l'on est un renégat car personne n'attend de toi que tu te fondes dans la masse. Sur fond de complot féérique, le film cesse de dire que la différence est une force avec une légèreté et une subtilité presque majestueuse tant le rire et l'émotion sont aussi des acteurs à part entière du récit.
Cette "légèreté profonde" est imputable au duo d'actrice/chanteuse qui offre une prestation parfaite de subtilité. Ariana Grande géniale en petite princesse trop gâté recherchant l'amour des autres et cherchant en elle ce qui la rendra meilleure s'empare du rôle comique du duo. Cynthia Erivo assure en jeune prodige magicienne qui n'a qu'un seul défaut aux yeux de la société finalement raciste du pays d'Oz, elle est verte. Les deux actrices ayant noué une complicité profonde dans la vie courante arrivent à nous retranscrire cela à l'écran avec brio.
John. M Chu réalise donc ici et sans trop de débat son meilleur long métrage en réussissant à réveiller le genre roi du cinéma des années soixante. L'essai risque bien de se transformer en énorme succès et l'univers créer par ce film aura droit à un retour sur les écrans dés novembre 2025 pour la partie 2.