Comment permettre aux gens d'obtenir un raisonnement juste et concret face à un soft complètement surestimé chez les médias et le grand public ? Pourtant, il n'est pas très difficile de savoir pourquoi Deus Ex : Human Revolution ne peut atteindre le rang de chef d'oeuvre, il en est même très loin.
C'est un peu comme Planète des Singes : Les Origines, on ne sait plus trop quoi faire alors on revient en arrière pour pomper la thune d'un titre à succès. Cet épisode vous apprendra comment les humains se sont transformés en ouvre-boîte électrique grâce aux cliniques qui fournissent jambes métalliques, pénis ultra-perfectionés et autres trucs que Green Peace ne voudra laisser faire. Vous incarnerez Adam Jensen, un ancien SWAT qui va devoir se confronter à un scénario pour le moins assez broullion : retrouver les méchants terroristes écolos et découvrir le complot qui se forme autour de lui.
Tout d'abord, bonne chance aux consoleux qui vont devoir se taper une configuration de manette inchangeable, des temps de chargement ultra-longs, des soucis de réactivité, une version française obligatoire et des graphismes dégueulasses façon PS2 accompagnés d'un poping massif. Passons...
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Vous enchainerez diverses missions plus ou moins captivantes, le but est d'atteindre un objectif par n'importe quel moyen, le problème c'est qu'il n'y a pas autant de moyens que l'on puisse entendre... À vous de savoir quoi faire au bon moment avec des mouvements hyper-limités, c'est pas la joie à ce niveau. Un système de récupération énergétique totalement inutile sera de la partie.
Vous aurez comme meilleure arme un système de couverture similaire à celui de Gears of War mais en moins bien car beaucoup plus rigide. Le switch entre la première et la troisième personne est assez perturbant par moment, il n'y a aucun effet de transition...
À disposition : tout un type d'arsenal inutilement customisable, quelques gadgets, et un arbre de compétence vraiment peu fourni comparé au premier Deus Ex. Mais ce n'est pas tout, dans Human Revolution, il y a plusieurs façons de jouer, incroyable ! On en parle comme si c'était nouveau. il y a trois types d'approche : mortelle, informatique (qui relève d'un besoin inutile de tout compliquer), ou...
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Oui, incapacitante, qui veut surement dire "infiltration" pour les développeurs. C'est bien beau de faire croire qu'on a du vocabulaire en cherchant des synonymes dont on ne connait absolument pas la définition. Incapacitante quoi... cela veut dire que si on choisit une approche incapacitante, on doit rendre les ennemis vulnérables et sans défense en trouvant un moyen de ne pas les tuer. Mais... mais c'est super ! Quel incroyable taux de fun cela pourrait nous procurer !
Après, se vanter des différentes approches de gameplay, c'est facile à faire, il suffit de prendre le même niveau, re-déplacer les ennemis de façon à ce que cela corresponde à la situation et c'est dans la boite. Stars Wars : Republic Commando faisait le piratage, le bourinage et l'infiltration en même temps.. c'était trois fois plus fun. Dans Cooking Mama, pour faire une ratatouille, je peux choisir de mettre les courgettes après les tomates ou le poivron avant les aubergines et bah on en fait pas tout un plat non plus.
L'intelligence artificielle est vraiment, vraiment spéciale. Ayant repris le même principe du "Je t'ai vu ici pour la dernière fois" à la Splinter Cell Conviction, les développeurs ont eu beaucoup de mal à vouloir équilibrer la facilité et la difficulté, ce qui a rendu nos pauvres PNJ complètements débiles. Ne parlons même pas des passages avec les échelles ou les conduits d'aération, on a parfois la vague impression de faire face à des manchots... Ces mêmes manchots qui entrent un par un dans une pièce en te laissant le soin de recharger, et si la confrontation dure trop longtemps, comme par magie l'alerte s'arrête et ils oublient le fait qu'il y'a eu une intrusion.
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Mais ce n'est pas tout, car les génies du hack ou les ninjas expérimentés devront bel et bien se confronter à des boss lors de passages obligatoires. Oui, des boss... et ils sont assez coriaces bien que trop idiots pour ne pas rester sur place en vous canardant. Vous ne pourrez les battre que par la force, aucune autre alternative n'est proposée. Comment cela est-ce possible ? Cette idée va à l'encontre du jeu... Il va falloir sortir le roquette du système d'inventaire qui est d'ailleurs bien pompé de celui de Resident Evil 4.
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Dommage pour le reste car le codeur a complètement foiré la hitbox des décors, tu tires 2 mètres au dessus d'une caisse tu parviens encore à la toucher, alors parfois tu te retrouves dans des situations grotesques où tu es derrière une petite caisse qui fais trois fois moins ta taille, mais c'est cette même caisse qui prends toutes les balles.
Voulant taper dans le lard pour faire le bon gros jeu qui déchire, Eidos Montréal parvient à intégrer la liberté du cadre RPG (très light) entre deux missions... ainsi, le joueur pourra se balader dans deux misérables villes pour papoter avec les PNJ et effectuer quelques quêtes secondaires qui ne collent pas du tout avec les principes d'Adam. Il y a un réel manque de travail dans les animations avec des gens souffrant de parkinson, qui ne savent que répondre à leur portable.. pas un pour faire semblant de lire quelque chose, ou faire semblant de boire une tasse de café... voila ce qui vous attend. De plus, l'impact de nos actions n'a finalement aucune conséquence sur la ville, la mémoire des PNJ se limite à une "zone", autrement dit, dès que vous passerez un écran de chargement (hyper long). Ainsi, après avoir buté une bonne centaine de citoyens et de nombreux flics, votre tête sera purifiée par l'écran de chargement et Jackson le keuf vous saluera comme si de rien n'était.
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Heureusement, la direction artistique permet de gommer (à moitié) une réalisation technique complètement dépassée. Le jeu s'avère à la ramasse avec des effets visuels, des modélisations et des animations relativement pauvres. Les hautes résolutions disponibles sur PC mettent encore plus en avant la chose...
En gros, Human Revolution c'est une vue FPS sans sensation, une vue à troisième personne ultra-rigide, vous mijotez le tout dans du jaune pisse... vous obtenez une VF dégueulasse, un gameplay amateur, les graphismes de Perfect Dark Zero sur Xbox, et différentes fins décevantes, sans émotion.
C'est vraiment dommage de passer à côté de la renaissance d'un des titres les plus potables du jeu vidéo.