Si il ne devait y en avoir qu'un, à mes yeux ce serait celui-ci.
Rockstar Games et le frères Houser nous livre ici un travail d'orfèvre dans la reconstruction vidéoludique d'un Ouest Sauvage fantasmé, nourri par un imaginaire cinématographique et plus précisément du genre western. Car c'est la selon moi la plus grande force du jeu : la proposition de devenir acteur, au sens cinématographique du terme, du monde qui nous est offert. Rockstar est le réalisateur et au joueur d'endosser le rôle du desperado solitaire. Ainsi tous les codes du western sont assimilés pour en faire des mécaniques de jeu, que ca soit l'attaque de trains ou de diligences à dos de canasson, un braquage de banque, apprivoiser les chevaux sauvages au lasso, des rixes au fusil chargés ou encore les fameux duels.
Et au service de cette proposition un monde ouvert intelligemment construit articulé autours de ce que l’on pourrait qualifier de points de références qui, en plus d’être des constructions iconisés des décors de westerns célèbres, marquent la rétine du joueur lui permettant de mieux appréhender l’espace d’établir une sorte de carte mentale, et amènent généralement un développement de l’histoire et de l’action qui trouve leur apogée autour de ceux-ci. De plus chaque zone possede une personnalité propre grâce notamment à une palette de couleurs variées. La carte est aussi très vaste, donnant sur de grands espaces vierges, créant vraiment cette impression de loups solitaire, seul face à un monde sauvage et hostile, néanmoins la carte garde une taille raisonnable empechant donc le joueur de perdre le rythme entre deux points d'intêrets (n’est-ce pas RDR 2). Ainsi la carte est pensé intelligemment, ce qui le met au dessus des jeux dit "Open World" : ici le monde sert de support à l'action et à une proposition particulière est n'est pas juste une fin en soi (comme la plupart des immondes open world modèle ubisoft)
Enfin nous pouvons aussi nous attarder sur le scénario, racontant l'histoire de John Marston, ancien hors-la-loi, forcé de chasser ses anciens compagnons d'arme pour le compte du gouvernement américain souhaitant amener de l'ordre dans l'Ouest Sauvage. Ainsi, on nous dépeint ici la mort de cette période et un constat amère sur la "civilisation" à venir, sans pour autant tomber dans un discours réac du c’était mieux avant, ou encore fantasmer une période loin d’être glorieuse: ici tout le monde est timbré, certains ont juste l’honnêteté de l'admettre. On pourra ici saluer la qualité de l'écriture, signé Dan Houser comme d'habitude, bien au dessus des standards du jeu-video encore aujourd'hui, l'histoire est bien construite et son développement intéressant, les dialogues sont bien amenés et bien écrits comme l'intégralité des personnages que l'on rencontre au cours de l'aventure que ce soit dans la trâme principale ou bien lors de quêtes secondaires, tout a bénéficié d'un soin particulier, et enfin le propos de fond, la dichotomie de deux mondes entre celui qui s’en va et celui qui se profile et la manière dont les hommes doivent s’y adapter, est lui aussi intéressant.
En bref, ce jeu est un chef-d'oeuvre, le magnum opus de RocktarGames qui atteint ici son apothéose. Chaque élément du jeu est pensé avec minutie, réglé comme du papier à musique, une sorte de Sergio Leone videoludique.
Un, et peut être LE plus grand jeu en monde ouvert jamais créé, un des meilleurs jeux de l’histoire, et sans aucun doute un des plus grands hommages fait au genre western, tout média confondu. Un Chef d’œuvre, tout simplement