Aussi mignon qu’exigeant, Tunic nous embarque dans une épopée onirique que l’on quitte à regret lorsque l’aventure touche à sa fin et qu’il nous faut poser la manette, le cœur lourd. Lourd de devoir quitter ce renardeau courageux, qui armé de sa seule épée et d’un bien mince bouclier a amené la lumière sur les Ténèbres.
Le jeu est en 3D isométrique, avec des décors tantôt floraux, boisés, ou grandioses (la mine et la bibliothèque, Mama Mia !) dans lesquels le joueur fait déambuler son héros en tâchant bien de ne pas louper tel ou tel raccourci ou passage secret. L’exploration est la principale composante de Tunic. Vous aventurer dans les moindres recoins vous permet de découvrir des secrets et de quoi faire monter le niveau de votre personnage. Si au contraire vous décidez de rusher, le jeu aura raison de vous très rapidement.
Tunic se savoure lentement, se découvre et se dévoile à travers la découverte de feuillets d’un livret explicatif, rappelant les premiers guides de jeu que l’on pouvait trouver dans les cartouches Nes ou SuperNes. Plus vous trouvez de pages, plus vous avez d’explications sur les endroits où vous rendre ou encore le système de jeu. Ce livret est le meilleur ami du joueur et il se révèle indispensable pour une progression fluide et sans trop de difficultés dans l’aventure.
Beaucoup de joueurs ont décrié la difficulté de Tunic. Mais ne serait-ce pas car ils ont oublié de prendre leur temps ? En effet, si vous comprenez bien la composante RPG de Tunic, les combats ne sont pas plus difficiles que cela. Les mobs posent alors peu de problèmes et les boss se battent après 4 ou 5 essais. La dernière partie du jeu est un peu plus difficile mais tout à fait surmontable. Beaucoup le comparent à Dark Souls par rapport à sa mécanique (utilisation de fioles, repop du personnage à des points de sauvegarde rappelant les feux de camp) mais en réalité il se révèle beaucoup moins ardu que son grand frère. Tout d’abord tous les boss ont un point de sauvegarde à proximité, ce qui évite au joueur de se repayer 4 ou 5 kilomètres truffés de mobs qui peuvent lui mettre du damage avant de se refrotter pour la énième fois audit boss. Et ensuite, il est assez aisé de faire monter son niveau de fioles et d'utiliser des objets offensifs pour venir à bout des ennemis.
Non, Tunic n’a pas le niveau d’un Dark Souls mais oui, il est exigeant et ne tient pas son joueur par la main. Il faut aller chercher l’information, l’analyser et la décrypter pour avancer. Mais c’est ce qui fait son charme et le rend exceptionnel.
Tunic c’est un retour dans les jeux du passé, avec un filtre moderne et un gameplay beaucoup plus fluide. Un mélange entre Zelda (exploration et secrets) et Dark Souls (système de fioles, côté Die n’ Retry, composante RPG). Un jeu hommage mais qui a sa propre personnalité, sa propre ambiance, enchanteresse, poétique et mélancolique. Un jeu dont on ne ressort pas indemne, qui instille au plus profond de notre être cette solitude sublimée procurant des frissons incomparables (du même genre que ceux éprouvés en jouant à un Myst ou à un Shadow of the Colossus). Cette nostalgie qui d’un coup nous fait voyager dans le temps tout en serrant notre cœur dont coulera un nectar doux-amer à la fragrance idyllique.
Un jeu indé crée par une seule personne, qui signe là un chef d’œuvre ludique.