L'heure de la révolte a sonné! ça va neiger! ♫
Sans doute le meilleur tome de la trilogie (encore que le 2 ne s'en sortait pas si mal)
Le tome précédent s'achevait sur un district 12 détruit, un Peeta perdu, et une Katniss paumée dans le district 13. Notre amie va devoir se reconstruire, digérer le fait d'avoir été sauvée sans avoir rien demandé, et surtout le fait qu'on se serve d'elle à nouveau comme d'un symbole mais cette fois-ci se sera LE symbole.
C'est bien de voir ses hésitations, son côté « jeune perdue et pas motivée qui n'en fait qu'à sa tête», ses interrogations sur ce qu'elle doit faire, sur ce qu'elle devrait faire, sur les conséquences de ses actes ou non, sur ce qu'on attend d'elle.
C'est bon de voir qu'elle n'est pas héroïque, ou alors par épisodes, et qu'en général ça ne se termine pas comme elle l'escomptait : on ne fait pas de merveilles en deux coups de cuillère à pot. Elle n'est pas forte, elle n'est pas totalement faible non plus, elle vivote, elle se force "pour l'image", et ce poids de l'image qui entoure toute la saga nous renvoie inévitablement à notre société.
Ce tome est aussi assez surprenant et beaucoup plus noir que les précédents (alors pourquoi une couverture d'un bleu clair aussi moche ???) : on y voit beaucoup de choses : la folie, l'impact des souffrances psychologiques, la guerre, les tractations du pouvoir, la remise en cause du rôle des rebelles : aussi bien pour les rebelles de base (comme Gale) que pour les dirigeants (comme la présidente Coin).
Finalement, Katniss se pose beaucoup de questions, et nous avec, ce qui n'est pas plus mal.
Du coup, son histoire avec Gale/Peeta passe largement au second plan, et c'est tant mieux parce qu'elle est usante à ne pas savoir ce qu'elle veut (et quand on commence à comprendre qu'elle a choisi, paf elle parle de l'autre, et c'est reparti pour un tour)
Enfin, et c'est à mettre au crédit de ce tome, on ne peut qu'apprécier la scène de « l'exécution », surtout qu'elle suit un mini « coup de théâtre » qui m'avait décontenancée. Et la fin, même si elle est un peu abrupte et se veut optimiste, il reste quand même des cicatrices, des blessures morales, et la conclusion reste correcte parce qu'elle souffle le chaud et le froid en même temps. C'est frustrant mais réaliste.
La série s'en sort très bien, je partais dans l'idée de lire une série pour ados, mais elle soulève certaines questions assez actuelles, même si elle ne les approfondi pas forcément, on passe un bon moment et c'est déjà pas mal.