Le premier tome présente un nombre conséquent de personnages sans nous perdre. Il a le mérite d'avoir sa propre conclusion tout en laissant en suspens un certain nombre de questions. Kantz, le héros, est assez mystérieux. Ce guerrier fut moine dans une autre vie. Les gens qu'ils rencontrent présument qu'il cache un secret. D'autres personnages sont aussi intrigants, comme la fée Chandelle dont on ne sait rien ou la Dame Rouge, qui apparaît dans le récit comme une déesse ou un fantôme, pour livrer un conseil sibyllin et repartir.
L'univers emprunte autant à l'historique qu'à l'uchronie. En effet, les Templiers ont survécu après Jacques de Molay. Quelques ekphrasis parsèment le récit (ah ! le pistolet à rouet !) faisant étalage d'une petite érudition. Tout ça reste finalement assez discret.
Pour contextualiser, j'aurais aimé que Wielstadt nous soit un peu plus familière à la fin de ce premier tome. Elle ne semble pas se distinguer de beaucoup d'autres villes. Je trouve dommage que Pierre Pevel ne nous ai pas régalé de quelques trouvailles magiques de son cru pour la caractériser, de quoi nourrir notre émerveillement.
En ce qui concerne le scénario, Pierre Pevel sait mener sa barque pour nous accrocher avec des attentes, du suspens, de l'action, du fan service, des interrogations, un peu de macabre. Avec un peu de recul, l'histoire est une vengeance banale mais efficace, le plaisir est là et la trilogie ne fait que commencer.
La petite surprise aura été sur le style de l'auteur. Ayant déjà lu Les Lames du Cardinal du même auteur, je ne me rappelais pas cette élégance. C'est écrit avec soin. En bref, c'est prometteur.