Un cheval dans la salle de bains par Hard_Cover
J'ai acheté Un cheval dans la salle de bains avec beaucoup d'enthousiasme. L'œuvre de Douglas Adams se trouvait depuis quelques temps dans ma liste de livres à acheter. A l'heure de décider de mes achats pour les semaines à venir, je me dis qu'un peu de lecture rigolote ne me ferait pas de mal. Je me tournais donc vers l'auteur britannique. Un cheval dans la salle de bians trônait fièrement sur les étalages. Le violet Folio SF entra dans mon champ de vision (depuis longtemps mon cerveau associe cette couleur à la forte possibilité de trouver un bon bouquin). La superbe couverture de Benjamin Carré capta mon attention. Mes mains fébriles attrapèrent le livre. Je le tournais pour lire le 4ème de couverture.
Ca avait l'air sympa. Quelque chose d'original, visiblement drôle. N'ayant jamais rien lu de Douglas Adams, je me fiais aux ouï-dires. Son Guide du routard galactique est une référence. Voilà me laissait à penser que je ne prenais aucun risque de m'ennuyer en lisant Un cheval dans la salle de bains.
Bien mal m'en a pris ! Ce roman est un des plus mauvais que j'ai lu dernièrement, et probablement depuis que je lis de la science-fiction.
Je m'explique.
Un cheval dans la salle de bains raconte une histoire assez complexe à résumer. Un moine électrique détraqué et son cheval sont téléportés dans la salle de bains d'un professeur d'Université, le PDG d'une société d'informatique est assassiné, un de ses employés est suspecté par la police et il est forcé d'engager Dirk Gently, détective atypique, pour prouver son innocence. L'histoire est centrée sur ces événements qui sont en fait anodins.
Dans Un cheval dans la salle de bains, seuls les détails font réellement avancer l'intrigue. L'histoire traîne sur une moitié du roman. On lit beaucoup pour rien. Tout se débloque avec l'apparition du détective holistique. C'est d'ailleurs le seul personnage intéressant du roman. On attend avec impatience son entrée en scène, mais on attend trop. On a le temps de s'ennuyer royalement avant de le voir en action. Les choses deviennent alors plus intéressantes, mais que c'est tiré par les cheveux ! Alors que la première moitié du roman a failli me faire arrêter la lecture pour passer à autre chose, la deuxième est une succession d'événements absurdes. L'action d'accélère tout d'un coup, rebondit et s'achève précipitamment dans la confusion la plus totale. Une conclusion en queue de poisson, à l'image du roman. Mais quelle joie d'avoir terminé ce bouquin ! On ne va pas se plaindre de pouvoir le refermer pour lire quelque chose d'autre.
Adams met volontairement en scène des personnages absurdes, plongés dans des situations loufoques, mêlant fantastique et science-fiction. Son humour repose sur ces éléments et sur l'emploi d'un ton cynique. Il est indéniable que tous ces ingrédients ont un grand potentiel comique, mais la mayonnaise ne prend pas. Un cheval dans la salle de bains ne m'a pas fait rire, à aucun moment, à peine m'a-t-elle fait sourire. Peut-être la recette est-elle trop anglaise, toujours est-il qu'elle n'est pas à mon goût. Et pourtant, j'ai un grand sens de l'humour. J'ai bien plus rigolé en lisant du Fredric Brown (Martiens, go home !, L'Univers en folie), Harry Harrison (Ratinox, Ratinox se venge) ou Stephenson (Zodiac, Cryptonomicon) mais mon humour n'est semble-t-il pas compatible avec celui d'Adams.
Evidemment, mon avis est entièrement subjectif. Mais peut-être ne peut-il en être autrement quand la qualité d'un roman repose sur son caractère humoristique.
Un cheval dans la salle de bains est probablement à réserver aux fans de Adams (ceux qui aiment son humour). Pour ma part, je ne risque pas de le devenir. Il faudrait que je lise d'autres romans de Douglas Adams, mais cela ne risque pas d'arriver de sitôt tant la lecture de la première aventure du détective holistique m'a déplu.