Ces critiques sont écrites en partant du point de vue que vous avez vu les saisons en question. En gros, ça spoil dur ici.
Livre 1 : L'air. 8/10
Quel bonheur de retrouver l'univers d'« Avatar le dernier maître de l'air » ! Avec « La légende de Korra », Michael Dante DiMartino et Bryan Konietzko ne se rabattent pas sur la facilité. Aang, Katara, Soka, Toph et Zuko, tous ces personnages que l’on a appris à aimer durant les trois dernières saisons... et bien vous ne les reverrez pas. Ou presque ! Korra est le nouvel avatar. Selon le cycle des éléments, elle appartient à la tribu de l’eau. Ce point est loin d’être le seul l’opposant avec notre cher moine au tatouage en forme de flèche. Korra en plus d’être une femme, est combattive, maîtrise dès le premier épisode tous les éléments sauf l’air, et est plus âgée. Là où Aang possédait déjà une forte connexion avec le monde spirituel et la sagesse allant avec, Korra a tout à apprendre. C’est une jeune femme moderne ayant évolué en même temps que son pays. Car telle la nouvelle incarnation de l’avatar, le monde a bien changé. La maîtrise ne fait plus l’unanimité, l’industrialisation est présente partout, les nations se sont rapprochées et cohabitent même à Central City. Dans ce monde contemporain, Korra préfère apprendre la maîtrise en compagnie de ses amis sur un terrain de Pro-bending plutôt qu’accompagnée de son maître. Agaçante par moments, mais revenant toujours rapidement à la raison grâce aux sages conseils de Tenzin, Korra est attachante. Le pari est réussi, à aucun moment on a l’impression de regarder une série que l’on connait déjà, notamment grâce à cette héroïne fonceuse. L’intrigue politique qui se tisse autour du mystérieux Amon maintient constamment l’intérêt. Et son dénouement risque fort de vous surprendre ! La série étant assez courte, l’ennui n’a à aucun moment le temps de se pointer. Découvrir le Chapitre 1 de Korra est un plaisir. L’animation est toujours aussi belle, le chara-design aussi. Les nouveaux personnages entourant Korra, amis comme ennemis, sont réussis. Tenzin et sa famille en particulier font partis de ces personnages dont la vue réjouit, en particulier grâce à leur lien de parenté avec Aang. Les chorégraphies des combats, qui étaient selon moi l’un des grands points forts du « Dernier maître de l’air », sont tout autant travaillées. Les matchs de Pro-bendings sont l’occasion idéale pour admirer les maîtrises de l’eau, de la terre et du feu de Korra, Bolin et Mako. Je regrette simplement l’incrustation souvent maladroite d’images de synthèse pour les véhicules en mouvement. L’animation traditionnelle colle bien mieux à l’un des plus beaux dessins animés américains.
Livre 2 : Les esprits. 8/10
La deuxième saison de « La légende de Korra » n’a pas commencé très bien. Au menu : l’opposition de deux frères, encore. La première moitié de la saison rappelle sur de nombreux points l’ambiance de la première. Unalaq a des ambitions politiques, la guerre se pointe et Korra intervient. La jeune fille fait des erreurs, et s’emporte avec excès comme elle en a l’habitude. Les personnages secondaires sont sympathiques, comme le bavard Varrick ou l’étrange fratrie Eska et Desna. Et puis soudain, aux alentours de la mi-saison, alors que Korra a perdu la mémoire, un double épisode arrive pour nous donner une claque. Le passé du premier Avatar est divulgué. Non seulement ce pan de l’histoire alors inconnu est passionnant, mais en plus les partis-pris graphiques sont une réussite. Les décors sont sublimes, tout comme le design des esprits et leur personnalité. À partir de ce moment, les aventures de l’Avatar et de ses amis se révèlent bien plus intéressantes, on a enfin l’impression que l’histoire est lancée, et ce jusqu’au grandiose combat final. Animés encore une fois avec brio, ce sont de grands moments. Heureusement donc, que « La légende de Korra » a brillamment réussi son final, sans quoi la saison aurait été décevante. Maintenant que l’Avatar a annoncé une nouvelle ère, j’attends un livre trois exceptionnel.
Livre 3 : Changement. 9/10 ♥
Mais quelle saison effectivement exceptionnelle ! Le troisième livre de « La légende de Korra » est de loin le meilleur. J’ai enfin retrouvé les émotions qui s’emparaient de moi à la découverte d’un épisode du « Dernier Maître de l’air ». Il y a nettement plus de tensions, moins d’intrigues secondaires inutiles, et des sentiments, des vrais. Cette fois-ci, Korra quitte (enfin) Republic City. Accompagnée de Tenzin et de ses amis, elle parcourt le Royaume de la Terre à la recherche des nouveaux maîtres de l’air ayant émergé suite à la convergence harmonique. Finies les intrigues politiques, place au voyage. Quel bonheur de voir nos héros voyager à travers le monde dans le but de reconstruire la nation de l’air ! L’une des villes visitées est Ba Sing Se, bien connue des fans des aventures d’Aang. J’ai toujours apprécié l’ambiance particulière qui se dégage de cette ville, ses mystères, ses murs, le Dai Li... Et c’est un plaisir de retrouver la ville telle quel, très peu changée par la nouvelle reine de la Terre. Comme d’habitude, Korra doit affronter un ennemi puissant, dont les motivations sont loin d’être simplistes. La grande menace de la saison est Zaheer. Nouveau maître de l’air, l’ancien détenu est fortement charismatique. Ses acolytes, bénéficiant tous d’une maîtrise particulière, sont également intéressants. Leurs diverses confrontations avec nos héros donnent lieu à des moments épiques, fournissant à chacun l’occasion d’évoluer psychologiquement et dans sa maîtrise (Bolin "lava bender", quelle excellente surprise !). Tout dans cette saison, jusqu’à son superbe et lourd final est réussi. Difficile de faire mieux pour le livre quatre.
Livre 4 : Equilibre. 6/10
Ça y est « La légende de Korra » c’est fini. Le dernier livre des aventures de l’Avatar est moins fort que les saisons précédentes. Dans le livre trois, Korra a affronté son Némésis ultime, la plus grande des menaces. Alors Kuvira, débarquée pour unir les royaumes de la Terre, fait pâle figure comparé à Zaheer. La jeune femme manque de charisme, ses motivations simplement politiques n’ont pas assez de profondeur. Il faut dire que dès le début il était aisé de prévoir la prise de pouvoir par la force de la grande unificatrice. À l’image de cette ennemie froide et implacable, les combats ne donnent aucun frisson, ne font pas rêver. Je reconnais avoir encore du mal à digérer l’arrivée d’un mécha géant dans une magnifique série comme « La légende de Korra »... En fait, cette saison est surtout intéressante lorsque l’on se penche du côté de la psychologie des personnages. Korra, traumatisée par son combat contre Zaheer, peine à se remettre et à retrouver la sérénité. C’est une rencontre inattendue et réjouissante qui va lui permettre de reprendre pieds, même si elle ne sera plus jamais la même. Bolin et Mako ont également vieilli, et chacun suit une voie différente. La vie suit son cours du côté des nomades de l’air et Zhu Li et Varrick travaillent eux-aussi sur leurs propres projets. Ces deux personnages sont ceux m’ayant le plus surpris, ceux dont le parcours permet de modifier son premier ressenti initial. Varrick, personnage futile et narcissique ? Oui toujours, mais avec une petite touche de sentiments qui émeut. Ce que j’ai donc préféré dans cette saison, c’est le traitement des héros. Comment les trois années écoulées les ont changés. Michael Dante DiMartino et Bryan Konietzko ont réussi l’exploit de rendre absolument tous leurs héros grandement sympathiques. C’est pourquoi je peux le dire, Korra et ses amis me manqueront tout autant que Aang, Sokka, Katara, Toph et Zuko. En espérant lire très vite la suite de leurs aventures en comics.