/!\ Attention spoiler /!\
The Man in the High Castle m'a attiré pour son sujet atypique et assez osé. Pourtant, malgré ses atouts par rapport aux séries classiques, cette série se trouve être décevante sous tous ses aspects.
L'histoire globale, en dépit d'un postulat de départ intéressant sur le renversement de l'issue de la seconde guerre mondiale, n'est absolument pas crédible. Effectivement le contexte reste toujours très "américain", que ce soit parce que les habitants parlent toujours la même langue et ont gardé leur culture, ou les villes qui sont restées quasiment les mêmes (outre l' "usine à fascistes", dominant une métropole, que l'on voit sommairement lorsqu'on nous parle des hauts gradés).
Bien qu'on puisse observer au travers des épisodes des nazillons américains en costume d'époque surgir pour "arrêter les dissidents" et lever le bras en disant /censuré/, on ne voit absolument rien de ce pouvoir censé être arrivé à dominer les USA et encore moins le quotidien de cette machine à répression, ou encore l'intégration de cette force dans la vie des américains.
On ne voit que l'occupant au travers des administrations ou de la "police" (si on peut l'appeler de cette manière). La première occupation de tels régimes aurait dû logiquement être, compte tenu de leur idéologie, de faire assimiler à la population conquise leur langue, culture et usages. L’aperçu que l'on a de la situation est donc extrêmement réduit et le récit se concentre vaguement sur quelques personnages, du "bon" et du "mauvais" côté, qui ne sont - tout du moins dans la première saison - pour l'instant pas intéressants.
Il m'est également difficile de croire au partage de ce continent entre deux "grandes puissances", les nazis d'un côté et l'empire japonais de l'autre, d'autant que l'on nous fait bien comprendre - avec grande insistance qui plus est - que ces deux "géants" se côtoient pour mieux, à terme, s'entredévorer. D'ailleurs, cette dualité laisse présager un conflit qui semble aussi inévitable que prévisible, gâchant du même coup les effets de surprises qui auraient potentiellement pu rendre la série plus vivante. L'exemple en est la mort presque annoncée du prince héritier du Japon, qui va - en plus de la grave maladie de Hitler -, faire tomber les dominos un par un.
Et qui avalerait qu'un pays aussi petit que l'Allemagne, comparé aux USA, aurait réussi à coloniser et pacifier un espace aussi immense - en plus de l'Afrique qui est dite "totalement soumise" - ? Certains pans de logique sont donc totalement absents pour justifier une telle situation et je trouve ça vraiment dommage car cela nuit, au bout du compte, à la crédibilité du récit.
Ajoutons également l'utilisation des titres et noms célèbres du pouvoir nazi de la seconde guerre mondiale qui ne passe pas du tout...surtout lorsque les acteurs les prononcent avec un léger accent allemand stéréotypé (Berk, à gerber!).
Les épisodes étant d'une heure, je m'étonne vraiment de ne trouver aucune matière pour remplir les scénarii successifs. C'est totalement vide et plat...Au lieu d'avoir une trame compréhensible, on nous sert des histoires dont je comprends, honnêtement, pas la finalité ni même leur lien avec les "films" - ayant le pouvoir de "tout changer" - dont on nous rebat en permanence les oreilles. Ces bandes montreraient une sorte de "réalité alternative" (la nôtre, finalement) où l'Axe aurait perdu la guerre, mettant fin aux ambitions d'expansion allemande et japonaise.
Tout cela aurait un rapport avec un obscur type à moitié sénile - l'ennemi numéro 1 des grandes puissances - qui en possède tout un magasin...bref, même après que l'héroïne de la série l'ait rencontré on a toujours pas plus de réponse, à savoir pourquoi des personnes des trois camps - résistants compris - donnent leur vie pour ce qui n'est qu'une suite d'images à la con.
Et même pas besoin de films pour éprouver cette réalité! Il suffirait, comme le fait le ministre japonais, de fermer les yeux pour être transporté dans cet univers dominé par la civilisation américaine. Balaise le mec n'empêche! Je crains fortement un monde à la Matrix - avec une réalité sous-jacente - ou encore pire, un scénario faisant appel à une forme de magie quelconque. J'ai surtout l'impression d'être pris pour un con par des scénaristes qui, après vingt heures de vidéo (deux saisons de dix épisodes dont chacun dure une heure tout de même) n'ont pas été foutus de laisser au moins une explication satisfaisante qui justifierait au moins la continuation de la série - dont les auteurs n'ont pas l'air de savoir quel cap prendre.
Les protagonistes de l'histoire...sont d'un ennui mortel! L'héroïne ne sait absolument pas ce qu'elle veut et change de camp comme de chemise, le nazillon Joe Blake est torturé entre son sens du devoir envers un pouvoir autoritaire qu'il comprend de moins en moins (mais auquel il obéit! C'est dire si il est débile!) et ses sentiments envers cette fille qu'il connaît à peine, les résistants antipathiques ont des objectifs tellement opaques qu'il est impossible d'y voir même un soupçon de logique, etc. Absolument aucun personnage à qui se raccrocher dans ce foutu merdier pour commencer à comprendre (et apprécier) ne serait-ce que des bribes d'une histoire qui, même au début de la seconde saison, reste d'une herméticité totale.
Et c'est qui, au juste, ce type avec son titre ronflant, qui ressemble plus à un vieil épicier qu'à une personne-clé de la série, tenant la "vérité" entre ses mains? A quoi sert-il finalement à part rajouter du mystère à une série qui en a déjà plus qu'assez?
Pourquoi a-t-on un Hitler drogué aux tranquillisants au lieu d’un fou furieux gesticulant sans cesse et balançant sa hargne à qui l'approche? C'est de loin le personnage le plus véridique (même si on ne le voit que très peu) et logique de cette histoire, les autres n'étant que des suiveurs ou des girouettes - je ne critique pas le jeu des acteurs qui font visiblement ce qu'ils peuvent avec le rôle moisi qu'on leur a attribué.
Tous ces éléments font de The Man in the High Castle une série plus que moyenne et difficilement compréhensible. Compte tenu de son contenu insignifiant - voire inexistant -, je lui mets donc la note minimale et non pas le 7/10 qu'on lui a attribué.