Je n'ai pas (encore) vu La Vie d'Adèle, j'ai (toujours) envie de le voir et ce malgré la petite déception occasionnée par la lecture de la BD dont elle est tirée.
Le bleu est une couleur chaude est une BD dont la réputation n'est plus à faire et la renommée du film qui en a été tiré a encore accru son aura d'incontournable. Si tu veux explorer l'homosexualité en BD, il faut passer par le bouquin de Julie Maroh.
Malheureusement pour moi, cet ouvrage référence, je l'ai peut-être lu trop tard. Parce que l'histoire m'a finalement parue convenue et déjà vue, lue, entendue de trop nombreuses fois. Cette découverte de l'émoi homosexuel adolescent m'avait déjà été racontée d'une façon qui m'avait plus convaincu dans Naissance des Pieuvres par exemple. Je comprends l'intérêt et la nécessité d'écrire sur ses sujets mais ce que je comprends moins c'est l'engouement pour cette BD alors même qu'elle aborde toutes ces questions de façon finalement assez banale. Tout du premier émoi jusqu'aux derniers souffles ressemble à d'autres histoires et semble calqué sur un patchwork de ce qui fait les love story à succès au cinéma: un amour interdit qu'on se refuse, la passion des premiers instants, le rejet des proches, les coups de canifs dans le contrat, la séparation et la souffrance, le final larmoyant... Je suis dur et je schématise un peu mais il s'agit pour moi d'expliquer que ce livre, s'il n'est pas mauvais, est à mon sens surcoté.
Sur le plan graphique il y a de très bonnes choses. J'ai notamment été frappé par la "trouvaille" esthétique des mains bleues, le dessin y est un vecteur puissant de sensations et de sensualité. Globalement le dessin est bon mais pas transcendant non plus et le jeu sur les couleurs est une bonne idée mais finalement trop peu exploitée.
Bref, je note peut-être sévèrement mais je le fais pour les raisons que j'évoque ici et j'aurais plaisir à en débattre dans les commentaires avec ceux qui ne seraient pas d'accord avec mon point de vue.