Ceci n’est pas un plaidoyer pour le mensonge. Quoique. Tchekhov ou encore Kant avaient beau affirmer que rien ne pouvait justifier le mensonge, Good Bye, Lenin! semble nous prouver le contraire. Plongée dans le coma pendant huit mois, lorsqu’elle se réveille, Christiane résidente à Berlin-Est ignore tous des évènements qui ont transformé le quotidien de millions d’allemands et qui ont changé le cours de l’Histoire. Pour lui éviter un choc trop brutal, la préserver en somme d’une réalité qu’elle aurait du mal à accepter, Alex va tenter de recréer de toutes pièces le microcosme communiste que sa mère chérissait tant, la vie d’avant la chute du mur. Ainsi, en employant des stratagèmes sans cesse plus compliqués, Alex parvient, avec l’aide de sa sœur, à reconstituer un passé désuet, en faisant de leur appartement un vestige du socialisme, un îlot à l’abri du changement et surtout protégé de la réalité capitaliste. Admirablement réalisé par Wolfang Becker, qui mêle fiction, documentaire et images d’archives, cette supercherie, symbole de la dévotion d’un fils pour sa mère, ne peut qu’émouvoir. Mais le mensonge qui protège est aussi celui qui emprisonne, à force de vouloir magnifier la réalité elle finit par rattraper les personnages. Quoi qu’il en soit ce travestissement de la réalité nous fait voyager dans une Histoire réinventée, un grand film donc, et ce n’est pas un mensonge.