Drew Goddard, le jeune et prometteur scénariste de Cloverfield, dont l'homonymie laisse présager une carrière intéressante dans le cinéma bien que dans un style totalement différent de son célèbre collègue, nous livre son premier long avec "La Cabane dans les Bois". Film de genre par excellence, il en reprend tous les codes, les digère et les délivre avec une totale maîtrise du sujet.
L'histoire, un groupe d'étudiant part s'isoler un week-end dans une cabane dans les bois, loin de tout, sans accès au monde extérieur, peut apparaître d'une banalité déconcertante, si la scène d'ouverture ne nous laissait entrevoir que quelque-chose de beaucoup plus machiavélique se tramait derrière tout ça.
En effet, notre groupe d'ados composé de la bimbo, de l'intello, de l'athlète, du fumeur de joints et de la vierge effarouchée est victime d'une machination qui parait totalement millimétrée. Une entreprise qui sur la forme parait totalement banale, avec ses engueulades entre le département maintenance et le département opérations, ses stagiaires qui apportent le café, ses paris entre collègues, etc... les observe et interagit sur l'environnement de nos 5 jeunes perdus dans les bois tel un enfant jouant aux playmobils.
Le décalage entre ce monde de l'entreprise et l'horreur dans laquelle est plongé le groupe d'étudiant est particulièrement jouissif. Il atteint son paroxysme lors de la scène des ascenseurs, dont nous ne dévoilerons pas la teneur, mais qui constitue pour tout amateur de série Z, la concrétisation d'un désir tellement ambitieux que même dans ses rêves les plus fous il ne se serait aventurer à l'imaginer : la scène ultime de film de genre.
Bref, Goddard connaît son sujet, le maîtrise, le maltraite, lui tord le cou pour donner au spectateur une expérience de cinéma primaire et jouissive dans ce mélange de Cube et d'Evil Dead.