Ou comment j'apprends l'italien grâce à des titres de film à rallonge
Le réalisateur Roberto Bianchi Montero a voulu nous concocter un bon petit giallo, genre cinématographique à son apogée en ce début de seventies et pour se faire il suit la recette à la lettre en incorporant à son oeuvre tous les ingrédients nécessaires pour un résultat au final correct mais, et c'est là que vous ne vous relèverez pas la nuit pour une excursion secrète dans le frigo, jamais vraiment transcendant.
A portions égales, mélangez une bonne quantité de violence et de sensualité / nudité. Ceci est réussi grâce notamment à une scène d'ouverture où nous découvrons en même temps que l'inspecteur de police Capuana la première victime du tueur, un maniaque sexuel décimant joyeusement toutes les femmes adultère de la haute société d'une petite ville italienne. Le cadavre nu d'une jeune-femme blonde découvrant de nombreuses blessures faites au couteau se montre crûment à la caméra pendant que médecin légiste et ses compères commencent l'enquête. Entrée réussie, on est efficacement et dès le départ plongés dans le bain.
Par contre, bien que le nombre multiple de meurtres réclamés pour un giallo soit au rendez-vous, l’écœurement vient plus du côté extrêmement répétitif de ces derniers, le meurtrier agissant toujours de la même façon, et hormis l'un des derniers crimes qui se veut plus stylisé dans sa façon d'être mis en scène, la plupart se révèlent assez fades.
Quid des jolies pépés ? Pas de soucis de ce côté-ci, tonton Montero vous à gâté ! De la poitrine généreuse, du gigot élancé et de la croupe impudique sont au menu et raviront les aficionado qui n'en demandaient peut-être même pas tant... Mouais, c'est vrai que pour ceci, peu sont aptes à se serrer la ceinture. Bon ça ne vire pas au porno, loin de là, mais j'ai tout de même regretté que cette nudité soit vraiment très / trop frontale par moment, misant plus sur la quantité que la qualité. Non pas que j'veuille un AOC tamponné sur chaque popotin affiché, mais un peu plus de glamour et de suggestion n'ont jamais fait de mal à personne.
Une fois ces deux ingrédients réunis, le réalisateur a du penser qu'il suffisait de laisser mijoter tranquillement le tout et que le résultat se ferait tout seul. Mais cela manque d'assaisonnement, de piquant si vous préférez.
La trame policière, est ultra-classique et ultra-pas très intéressante, on nous dirige maladroitement sur de fausses pistes et le véritable meurtrier reste impossible à deviner avant que l'on nous le serve à la dernière minute, déjà un peu refroidi, sur un plateau. Des personnages trop peu fouillés, hormis l'inspecteur Capuana qui a droit à un traitement de faveur, et encore. Lorsque l'on se rend compte que certains prennent une part importante au dénouement de l'histoire, on regrette de ne pas en savoir un peu plus sur eux. Quand à la majorité des victimes qui persistent à avoir un comportement des plus crétins les mettant encore plus en danger qu'elles ne le sont déjà, j'ai envie de dire que c'est presque un incontournable du genre.
Finissons avec le dressage qui bien que correct, à l'image du reste, ne marquera pas les esprits par son originalité ou son talent. Réalisation, esthétique et cadrages moyens, sans plus. Une sorte de minimum syndical de l'image en somme.
Et puis d'un coup, d'un seul, en accompagnement : une bande originale de Giorgio Gaslini aux petits oignons ! Tour à tour jazzy puis plus onirique, le monsieur qui participera entre autres à celle de Profondo Rosso par la suite, relève le tout à lui seul ou presque, je tiens le pari que vos oreilles ressortiront d'ici plus contentées que vos estomacs.
Finalement, on se retrouve avec une mixture qui loin d'être mauvaise est même plutôt agréable sur le moment, mais manquant de saveur elle ne laissera pas à vos papilles de cinéphages avertis un souvenir impérissable.
Pour les inconditionnels du genre, aux côté de Farley Granger (La Corde, L'inconnu du Nord-Express) on retrouve une pléiade de jeunes donzelles apparaissant dans moult gialli de l'époque comme Sylva Koscina (Lisa et le diable) ou Femi Benussi (Une hache pour la lune de miel).