Philippe de Broca dépoussière le cinéma de cape et d'épée, qu'il débarrasse de ses conventions et stéréotypes d'une autre époque. Les personnages (du romancier Paul Féval) s'étoffent, gagnent en caractère. Surtout, de Broca, contrairement à l'école "André Hunebelle", spécialiste du genre, privilégie la construction dramatique plutôt que l'action débridée et galopante des années 60 en particulier.
Pour autant, et bien que le Bossu de de Broca soit supérieur à celui d'Hunebelle et à celui de Jean Delannoy, Daniel Auteuil fait-il un Lagardère plus charismatique et mémorable que celui incarné jadis par Jean Marais? Pas sûr. Le cinéaste réalise un film d'aventures soigné, bien sous tout rapport, mais sans grands moments, sans panache. Face au subtil méchant Gonzague interprété avec une étonnante réserve par Fabrice Luchini, Auteuil crée un Lagardère moins héroique que simplement humain mais un Lagardère parfois un peu terne, à l'image du film dans son ensemble. Sa vengeance, aux dépens de Gonzague et en faveur d'Aurore de Nevers, dans la seconde partie du film , s'étire un peu longuement. Il manque au film un humour, une action plus pétillants, la spontanéité et le dynamisme -au risque d'être paradoxal- du cinéma d'aventures d'antan.