Le Dernier Métro par magyalmar
François Truffaut met encore ses acteurs en abyme après La Nuit Américaine, sauf qu'ici l'histoire sert plus de prétexte à décrire sur un ton original le quotidien des Français sous l'occupation. Le pitch fait largement penser à To Be Or Not To Be, mais on est très loin de la comédie burlesque. Truffaut dénonce autant que Lubitsch le régime de terreur et les petits arrangements de chacun avec l'occupant, mais ses personnages sont confrontés à des situations parfois drôles, souvent révoltantes. A trop placer ses protagonistes devant des compromis, il atténue cependant la portée émotionnelle du film, ce qui constitue le seul véritable défaut du métrage.
Il confirme cependant ses capacités hors normes de directeur d'acteurs, employant un Depardieu au charisme magnétique, une Deneuve forte mais ambiguë, un Heinz Bennent parfait en metteur en scène reclus, Maurice Risch qui confirme qu'il est l'un des meilleurs seconds rôles du cinéma français, et une piquante Sabine Haudepin.