Le silencieux
Premier long-métrage en 1973 de Claude Pinoteau où il est seul aux manettes. Le scénario s'inspire d'un roman de Série Noire (Espionnage) de Francis Ryck "drôle de pistolet" écrit en 1969 que j'ai lu...
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le 24 janv. 2023
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Premier long-métrage en 1973 de Claude Pinoteau où il est seul aux manettes. Le scénario s'inspire d'un roman de Série Noire (Espionnage) de Francis Ryck "drôle de pistolet" écrit en 1969 que j'ai lu et dont je ferai également une critique sur SC (après un petit travail de relecture).
D'habitude, le scénariste du film d'espionnage classique s'ingénie à brouiller les cartes pour montrer tout le machiavélisme des commanditaires ou encore la manipulation du héros. On ne peut évidemment pas tout dire du travail de l'agent secret sinon ce ne serait plus secret. Ici, c'est beaucoup plus simple. En pleine guerre froide, le héros, physicien français devenu, seize ans auparavant, par certains moyens de coercition musclés, citoyen soviétique, est capturé par les services secrets britanniques pour qu'il puisse dénoncer deux traitres … Une fois ceci fait, il est lâché dans la nature et devient, évidemment, la cible des services soviétiques qui veulent le récupérer coûte que coûte mais les services français semblent aussi vouloir se mettre sur les rangs. Devant autant de gens bienveillants, parviendra-t-il à sauver sa peau ? C'est la question que tout spectateur normalement constitué se pose pendant tout le film.
Le suspense est bien monté d'autant que le héros c'est un Lino Ventura tenace et méfiant qui tente désespérément d'échapper à ceux qui le poursuivent.
Tenace, méfiant mais silencieux : ce n'est qu'à la vingtième minute, qu'il prononce enfin un mot et qui est : "non".
Il faut bien avouer que c'est un type de rôle qu'il endosse avec brio et qu'il endossera finalement assez souvent. Le rôle de l'honnête homme qui ne demande rien à personne mais qui se trouve acculé à des situations peu enviables.
La mise en scène du kidnapping par les britanniques est très réussie grâce au second degré des dialogues des britanniques se foutant en douce de la gueule des soviétiques qui se heurtent à une administration anglaise très flegmatique, très molle et très sûre d'elle.
Suzanne Flon a un petit rôle fort intéressant. Elle joue le rôle d'une ancienne connaissance française du personnage de Ventura du temps où il vivait en France. Quand il vient se réfugier chez elle, elle finit par douter de la réalité de l'histoire qu'il raconte et, pensant lui rendre service en toute bonne foi, n'a pas de meilleure idée que d'appeler un de ses amis à la DST qui n'en demandait pas tant … Le personnage est intéressant car montre le niveau d'incompréhension d'une personne ordinaire et légaliste face à la situation d'un Ventura obligé de fuir et de se cacher devant un danger invisible et incompréhensible en temps de paix.
Film d'espionnage au suspense très efficace, très bien joué par un Ventura encore jeune.
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le 24 janv. 2023
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