Un film vraiment réussi, dans cette histoire de descente aux enfers, qui est étonnement crédible et pertinente. J'ai eu un peu peur au début, en voyant ces enfants qui s'amusent dans leur cabane dans les Ardennes, sous fond de grève à l'usine de la ville, on se croirait une semaine plus tôt dans le terrible film "Un homme en fuite". Bien heureusement, on en est bien loin, déjà parce que la distribution est très réussie. On retrouve Raphaël Quenard dans un second rôle dramatique, ça fait longtemps et ça fait du bien de le voir dans un tel rôle. Ce sont surtout nos trois fantastiques qui m'ont bluffé : Diego Murgia, Jean Devie et Benjamin Tellier, qui sont très justes dans leur jeu, et très touchants. On les suit premièrement comme dans n'importe quel comédie d'enfants, souriants et joueurs, bien qu'ayant leurs problèmes tout de même, avec leur antagoniste, aka le grand frère du crush de Vivian.
La manière dont la situation va se renverser est assez triste, mais malencontreuse, Max essaiera tant bien que mal d'améliorer celle-ci, mais ne fera qu'empirer les choses, mettant lui-même et ses amis dans un contexte inextricable. Je dois avouer que c'est surtout Jean Devie qui m'a le plus touché dans son rôle, le Tom qui n'a pas de copine, le Tom qui n'a pas de frère, pour reprendre ses mots, et qui se retrouve probablement dans la situation la plus solitaire, en ayant essuyé humiliation sur humiliation.
Ce film, qui commençait presque comme un feel good movie, tombe assez sèchement dans le pire des scénarios, et le générique de fin enfonçant le clou sur ces souvenirs heureux. Il nous rappelle à quel point notre vie et nos relations peuvent se briser avec facilité. Moui, je ne sais pas si je vous donnerai envie d'aller voir ce film avec ça.
Bref, un film qui m'a beaucoup touché, construit intelligemment et méthodiquement, avec, certes, quelques éléments ici et là qui paraissent un peu grossiers, mais ces points ne restent que ponctuels, et n'entravent pas la crédibilité du reste. On peut aussi féliciter Hugo Gonzalez-Pioli pour la bande originale, qui reste assez consensuel, mais efficace sur la durée, tout en se permettant quelques changements de styles étonnants. On peut aussi féliciter le réalisateur évidemment, Michaël Dichter, pour ce premier film.
Il se dégage quelque chose de plutôt invraisemblable dans cet œuvre, une mélancolie assez bizarre, où l'on voit ces trois enfants avec une certaine béatitude, se détruire petit à petit.
(Vu le 18 mai 2024 au cinéma)