Le moins que l'on puisse dire, c'est que Panos Cosmatos est un réalisateur peu prolifique ! Le fils de l'inégal faiseur de divertissement George P. Cosmatos s'était jusque là illustré uniquement avec "Beyond the Black Rainbow", film de SF hypnotique et atypique sorti (très) discrètement en 2010. Il remet le couvert en 2018 avec "Mandy", revenge movie à l'intrigue assez simple : en 1983, un couple qui vit au fond des bois se voit attaqué par une secte, et le mari va se lancer dans une vengeance sanglante. Mais cette simplicité tranche avec l'approche toujours aussi barrée et singulière de Panos Cosmatos !
Car le réalisateur nous sert là encore une œuvre à la lenteur maîtrisée, à la forme très soignée (superbe photographie jouant avec des effets 80's et des fond rougeâtres, BO électronique enivrante, montage sonore très travaillé) et dont l'ambiance psychédélique permet d'aboutir à des scènes marquantes. On notera aussi de très bonnes idées dans certains visuels de personnages, jusque dans la part de mystère gardée sur certains aspects.
Côté acteurs, on apprécie de voir Nicolas Cage dans le rôle d'un Américain moyen qui pète les plombs de manière outrancière. Face à lui, une Andrea Riseborough méconnaissable, et l'on remarque le charismatique Bill Duke le temps d'une petit scène. Enfin, le film propose certains symbolisme (argent, religion, sexe...) qui donnent également du corps à l'ensemble. "Mandy" vaut donc allègrement le coup d’œil pour les amateurs de cinéma visuel et étrange, mais risque fort de décontenancer les autres... D'autant plus que la violence du film étant très prononcée, il n'est pas à mettre entre toutes les mains !