En 1974, Tobe Hooper, armé d’une caméra, de son scénario co-écrit avec Kim Henkel et de comédiens pour certains amateurs va réussir à mettre en boîte un des plus grands films de l’histoire du cinéma. Un film qui inflige une terreur brute à ses spectateurs à tel point qu’il continue à se traîner une réputation de jeu de massacre ultra gore dans un style presque documentaire alors que le film n’a quasiment aucune scène sanglante. C’est d’ailleurs encore aujourd’hui la puissance de suggestion, notamment grâce à un montage au cordeau, qui fait que « Massacre à la tronçonneuse » insinue chez son spectateur la sensation de scènes qui n’existent pourtant pas. L’effroi et le malaise viennent aussi du travail autour du son, la stridence de la tronçonneuse, les hurlements et l’hystérie qui s’emparent de la dernière partie pour lessiver le spectateur mais avant cela, ce qui est pour moi LE son, celui qui peut être m’a fait le plus peur de toute ma vie de spectateur, cette porte qui claque dans un bruit de métal.
J’attendais donc cette nouvelle suite sortant sur Netflix avec beaucoup de craintes. Il faut dire que la production a été des plus compliquées. Le métrage a ainsi changé de réalisateur après un premier jet refusé par les producteurs dont il subsiste dans le montage définitif qu’une seule scène.
David Blue Garcia est donc arrivé au commande, avec comme principal argument d’être Texan (ce n’est pas moi qui le dit c’est lui dans son interview dans le Mad Movies de ce mois-ci) mais pas la moindre idée de mise en scène pour filmer un déluge d’effets gores à la petite semaine le tout dans un Texas bulgare du plus mauvais effet. Il faut dire que lorsque tu ne sais pas réaliser un film d’horreur mettre du gore partout peut servir de cache-misère.
Reprenant l’idée à la mode de faire revenir l’héroïne du précédent (coucou Halloween version 2018) tout en balançant une bande de jeunes donneurs de leçon absolument insupportables et venus là pour servir de chair à canon à un Leatherface qui n’est plus qu’un vieux boogeyman avide de tueries et de sang. Le film se révèle être une honte du début à la fin, loin de la terreur qu'inflige le chef d’œuvre de Tobe Hooper, cette suite transforme tout la mythologie en un slasher très bas de gamme qui ferait passer « Le jour des Fous » pour du cinéma d’art et essai. Par ailleurs, David Blue Garcia parvient, s’en le vouloir, à ridiculiser Leatherface. Il faut le voir sortant sa tête du maïs ou sortant de l’eau comme un saumon remontant une rivière. Quand en plus, même les tentatives d’iconisation de Sally Hardesty, la survivante du premier sont ratées et que le tout se termine avec une scène post-générique qui ferait rougir de honte Marvel il ne reste rien à sauver.
Pire qu’un mauvais film, une insulte.