J'ai pas besoin des Américains pour faire des remakes ratés! Je peux le faire moi-même!
J'étais prévenu : le résultat était catastrophique. Pourtant, comme c'était réalisé par il Maestro j'y ai cru jusqu'à la découverte de l'urne (c'est-à-dire juste après le générique de début).
Je vais essayer d'analyser le monstre :
- Si j'ai bien compris Mater Lachrimarum est devenue une pouf israélienne à la poitrine mal refaite, dont le pouvoir est issu d'une toge rouge ?
- Si j'ai bien compris l'héroïne possède des pouvoirs magiques mais pour vaincre la sorcière elle va juste lui chaparder par surprise sa toge rouge et la foutre à oilpé?
On remarquera des tentatives désespérées de relier cette "chose" à Suspiria et Inferno, comme le livre de Varelli dont on doit relire l'introduction. Argento essaye aussi de revisiter l'intrigue de Suspiria en faisant de Daria Nicolodi la vraie héroïne. Mais comme j'étais déjà dubitatif devant la qualité du film et des apparitions de Nicolodi en fée blanche grâce à des effets spéciaux de Prisunic, je n'y ai vraiment pas cru.
Sinon petite référence aux modes du XXè siècle : pour trouver une adresse, l'héroïne ne va pas aller sur internet mais préfère risquer d'aller dehors ou les gens s'entretuent (pardon 5-6 figurants font les guignols) pour appeler d'une cabine téléphonique les renseignements.
A propos du gore, certaines scènes sont peut-être impressionnantes à force de surenchère (au point d'en devenir souvent risibles) mais totalement à côté de l'univers Argentesque. C'est peut-être dû au passage de Dario à Masters of Horror. Il a sans doute compris que désormais l'horreur ce seraient des geysers de sang en furie, tous plus gratuits les uns que les autres. Où est passée l'érotisation de la scène de meurtre, sa fétichisation, son esthétique? (Je sais qu'en écrivant cela je risque de passer pour un tordu) Cette espèce de poésie macabre a complètement disparu.
Mais surtout comment peut-on faire un film dans la continuité de Suspiria et Inferno avec une photographie aussi terne? Visiblement le chef opérateur a dû comprendre que pour faire un film "baroque" il fallait filmer plein de bibliothèques et d'étagères bourrées de livres. Sans quelques mouvements de caméra et le gore, on aurait dit un téléfilm.
Une autre déception du film est le traitement du surnaturel. J'ai déjà mentionné la sinistre caricature de Mater Lachrimarum plus haut, et l'apparition grotesque de Daria Nicolodi en fée blanche mal incrustée à l'écran. L'intrigue avance à un rythme d'escargot : Asia va voir un prêtre ou elle rencontre une femme qui lui indiquera l'adresse d'un alchimiste qui va lui indiquer ou se trouve la sorcière, tout cela en une heure de film. Les pauvres fous qui regardent ce film avaient déjà vu Suspiria et Inferno en grande majorité, et connaissent donc déjà les rebondissements. Je ne spolie pas en informant qu'il y avait 3 grandes sorcières, que leurs maisons ont été bâties par Varelli, etc. En fait, on n'apprend rien de plus, mis à part que les sorcières sont des poufs qui passent leur temps à insulter les touristes (scène trash!)
Qu'est-ce que je peux écrire de plus?
- Plein de fausses pistes en pagaille : comme le beau-fils de l'héroïne kidnappé dont on apprend qu'il est mort et que ça change rien à l'histoire (en fait on s'en fout de lui).
- De l'érotisme bien vulgaire (production de Berlusconi oblige) : scène de douche pour Asia, scène de saphisme assez poussée, la sorcière qui est nue souvent... C'est la fête des nichons! (Je connais un membre de SC à qui ça pourrait plaire...)
- Une musique de Simonetti assez pompeuse, avec à la fin une chanson beuglée par un mec qui a des glaires.
Pour les lecteurs courageux qui seront arrivés au bout de cette critique : j'ai commencé à écrire un synopsis de film inspiré par Inferno (une histoire de belle sorcière maléfique vivant à Rome) pour essayer de faire une conclusion digne de ce nom à cette trilogie. Peut-être dans 27 ans ce projet se concrétisera.