"Vous vivez dans la guerre, je vis dans la paix, je propose de résoudre la contradiction de nos existences par l'ivresse"
Onoda est la grande surprise de Cannes 2021. Le film vise juste dans tout ce qu'il entreprend, la peinture de la solitude, l'abnégation de l'homme, le sentiment de mort, le sens de l'honneur, l'envie de croire (la recherche ?) en une figure paternelle pouvant guider dans l'incertitude du monde, l’ambiguïté et le doute qui se forme petit à petit entre le dévouement (l'entêtement ?) et la folie...
La mise en scène est remarquablement fine et subtile, sans aucune esbroufe ou grand spectaculaire, ni rien de gratuit. Elle est brillante dans ce qu'elle offre par son réalisme presque naturaliste, des séquences qui apparaissent tantôt éminemment poétiques, tantôt totalement burlesques (leur analyse géopolitique, le touriste, la radio...), tantôt brusquement (et courtement) violentes, et qui, par le sentiment de contradiction/d'absurde qu'elles procurent (alors qu'elles sont toutes très réalistes), font ressentir, peut-être, l'absurde de la guerre, l'absurde de la vie, et font certainement d'Onoda un très grand film.