Apocalypse Ñow
Ce qui fait de Denis Villeneuve, depuis maintenant quelques années, une véritable valeur sure du cinéma nord-américain, c’est qu’il est tout sauf un pur produit hollywoodien. Prisoners n’était pas...
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le 10 oct. 2015
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Le moins qu'on puisse dire, c'est que le début du film ne ment pas sur la marchandise. La première demi-heure donne le ton : explosions, jeu d'acteur minimal, musique qui fait poiiinnng et volume du son à 150 décibels dont on se demande ce que ça apporte à part un bon mal de crâne à la sortie. Villeneuve signe là un produit hollywoodien calibré, dans l'air du temps, mais on ne peut plus formaté. Pour qui aborde le film avec un regard vierge sans connaître la filmographie du réalisateur, pour qui espère un minimum de cachet, il y a tout de même là de quoi être bien déçu.
Si l'on passe outre ce premier point, la première demi-heure peut aussi faire craindre que le récit ne soit rythmé que par des enjeux mineurs tels que le passage d'un bouchon au sortir de la ville, mais cette crainte s'avère plutôt infondée. On suit donc une escouade de commandos pistant des seigneurs de la drogue et prêt à réaliser des opérations au Mexique, secondés par une agente du FBI plutôt sympathique mais qui se demande pourquoi tous ces gros bras ont besoin d'elle.
On aurait bien envie de croire un peu en elle, d'autant que la petite Blunt est sans doute la seule à essayer de tirer quelque chose de son personnage, Brolin et Del Toro n'étant guère là que pour toucher un gros chèque. On passera vite fait sur le cas de Reggie, difficile de donner un intérêt à un rôle aussi cliché, et qui ne doit sans doute sa présence au quota d'acteur black à respecter.
Le problème c'est que les personnages n'évoluent pas d'un iota, tout juste Macer se met au diapason. Les réactions des personnages sont amenées et gérées comme autant de réflexes de Pavlov, ce qui n'aide pas à l'identification. Alors oui la thématique de l'illégalité et du vernis de légalité n'est pas inintéressante, mais pas vraiment intéressante et novatrice non plus. Et si on lira sans doute que Villeneuve a voulu faire dans le naturalisme, je crains qu'ici le naturalisme ne soit dévoyé en alibi artistique d'une publicité gratuite pour certaines organisations gouvernementales.
Sicario, c'est deux heures pour dire à la fin que non ce pays n'est pas pour le vieil homme (ah non ça c'est un autre film) et pas pour les agneaux. Le film ne donne jamais prise, n'incite pas à la réflexion, n'ouvre pas de perspective et pour cause, il les ferme (la fin est assez claire). Très logiquement, il sera d'ailleurs vite oublié...
Cinéma qui se contente de poser un constat, de traiter le réel a minima, et encore "traiter", c'est beaucoup dire. Cinéma qui ne donne prise à rien, ne questionne rien, ne débouche sur rien.
Non vraiment, ce genre de film ne me sert à rien.
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le 21 oct. 2015
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