Starlet est magnifique et confirme le fait que Sean Baker est au sommet du cinéma indépendant américain des années 2010-2020.
Ce film, bien qu'il manque de scabreux et, je pense, de réalisme dans ce qu'il montre de l'industrie de la pornographie, est d'une sensibilité à fleur de peau et sait remarquablement construire ses personnages, si bien qu'à chaque petit malheur qui leur arrive, j'avais les larmes aux yeux.
En effet, on en est presque à se dire, durant la première moitié du long-métrage du moins, que cette jeune actrice X a une existence parfaite : maison et quartier très sympas, autonomie, argent, épanouie dans son travail... C'est ce qui m'a dans un sens dérangé (lâchez tout pour devenir porn star en Californie !) et fasciné. Fasciné car Starlet, et je l'ai compris bien trop tard, est un conte de fées. Une idylle, souvent mélancolique, parfois tragique, mais qui met du baume au cœur, une parenthèse d'humanité dans un monde de plus en plus sujet à la dure et crue réalité.
Ces histoires sont nécessaires, et Starlet, au cours de sa deuxième moitié, éblouit dans sa description du revers de la médaille de cette activité et de cette amitié qui tient du merveilleux, jusqu'à cette scène finale, d'une poésie brute qui m'a fait éclater en sanglots libérateurs.
Pour finir, je tiens à signaler les interprétations magistrales des deux actrices principales : Dree Hemingway et Besedka Johnson pour qui ce fut, à 87 ans, la première et dernière apparition au cinéma. Elle est partie au Ciel un an après la sortie du long-métrage, et je pense que c'est le plus beau cadeau qu'on ait pu lui faire avant qu'elle ne fasse ses définitifs adieux.