Doté d'un scénario plus que mince, « Tuez les tous et revenez seul » est l'un des quelques westerns spaghettis jalonnant la carrière de l'italien Enzo G. Castellari (le reste étant principalement composé de nanars). Si le script et les dialogues tiennent sur le revers d'un timbre poste, ce western se rattrape allègrement au niveau de l'action. Au rythme d'un combat rocambolesque toutes les 10 minutes, le spectateur ne s'ennuie jamais et ressent ce petit plaisir coupable que l'on a à voir 6 gusses à têtes de fripouilles démolir sans aucune égratignures tout un bataillon de soldats armés jusqu'aux dents. Avec des acteurs recrutés à la fête foraine du coin (l'homme fort, les deux acrobates, le lanceur de couteaux), emmenés par le caricatural Chuck Connors et son sourire Colgate, le réalisateur parvient à masquer ses difficultés d'écriture par une maîtrise sérieuse des scènes d'action, riches en cascades assez impressionnantes. On voit donc bien que Castellari, qui contribuera à alimenter la base de données de Nanarland, s'éclate dans un registre qu'il aime et qu'il maîtrise (« Keoma » avec Franco Nero sera son meilleur film et dans le même temps un bon spaghetti). Si le cerveau est laissé au repos pendant 1h30, une question se pose tout de même : avec de si mauvais tireurs dans leurs rangs, comment les Nordistes ont-ils bien pu remporter la Guerre de Sécession ?