Un amour de jeunesse par C G
Romantique, lumineux, doux, mélancolique et superbe, Un Amour de jeunesse ne déçoit jamais, confirmant le potentiel de Mia Hansen-Løve à chaque plan. En irradiant l'écran de sa beauté, de sa force et de son innocence, Lola Créton confirme tous les espoirs qu'on pouvait placer en elle. Seul le jeune garçon n'arrive pas à se hisser à la hauteur de ces performances féminines, ne pouvant néanmoins faire oublier à quel point Un Amour de jeunesse est un film bouleversant.
« On ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel est invisible aux yeux » attribuait-on à Saint-Exupéry. La niaiserie passée, la question est tout autre : comment faire survivre le coeur quand les yeux sont si loin ? Comment une adolescente, persuadée d'être invincible, que son premier amour sera éternel, que les sentiments ne s'érodent pas, que sa relation est un prolongement de sa vie et que rien ne peut continuer sans elle ; peut-elle survivre à l'éloignement de l'être aimé ? Question posée dans la première partie du film de Mia Hansen-Løve, où le départ de Sullivan, amant de l'héroïne, Camille, pour l'Amérique Latine va lui faire perdre le contrôle d'elle-même. Bien inspirée, Mia Hansen-Løve choisit l'érosion à la rupture ; ils sont jeunes, idéalistes, croient en cet amour quasiment impossible jusqu'à ce que les lettres s'envoient avec de plus en plus de temps écoulé entre chacune d'elles. Puis cessent. Ils s'aiment, le savent, mais la distance est trop difficile à gérer pour Sullivan, qui préfère en rester aux instants de bonheur évanescent et champêtre aperçus dans la première partie (....)