Peut-être s’est-on mal compris. Peut-être ne s’agissait-il là que d’une erreur involontaire. Ou tout du moins d’une imprécision, d’un flou. Davantage un mensonge par omission qu’une tromperie évidente. Et puis finalement, peut-on blâmer ces gens de vouloir attirer l’attention sur eux et sur le travail fourni ? Chose qui ne serait possiblement pas arrivée autrement. Messieurs les développeurs, toujours est-il que rarement titre de jeu ne m’aura paru plus loin de ce qu’il y avait à l’intérieur.
Il y a une sorte de rêve, de plaisir coupable à vouloir s’essayer à cette tâche si particulière qu’est celle du sniper. Cela est certainement dû à des années de jeu en ligne où il était courant de me faire traiter de campeur par mes camarades ou bien à un problème psychologique évident. Je vous laisse juger. Bref, il y a ce frisson particulier à être bien caché et à attendre ses cibles pour les abattre sans se faire repérer. Bon, ça c’est en théorie puisque la plupart des jeux favorisent le mouvement et que, par conséquent, vous finirez par vous rendre compte que vous étiez pas si bien planqué que ça quand vous prendrez trois plombs dans le derrière avant même d’avoir buté le moindre ennemi. Je digresse mais vous allez finir par comprendre, je vous assure. Contrairement à la technique dite du “je fonce dans le tas”, l’adrénaline monte progressivement quand on vit caché, jusqu’à atteindre son paroxysme au moment où la balle quitte le fusil pour aller se loger dans la tête (ou l’épaule, si vous êtes aussi doué que moi) de l’adversaire.
Après cette longue introduction, il doit maintenant vous paraître évident que ce n’est pas ce que fait Sniper Elite V2. Non, ce qu’il fait c’est vous coller dans un TPS très moyen avec un sniper qui finira la plupart du temps par être inutile ou tout du moins contraire à la façon dont vous comptiez l’employer initialement. Tout ce qui aurait pu faire l’intérêt d’un tel titre (préparer le terrain, guetter la cible, prévoir un échappatoire, trouver le meilleur angle de tir, etc.) est balayé pour offrir, à la place, un jeu de pseudo-infiltration durant la seconde guerre mondiale. Quand bien même il est possible de faire les missions sans se faire repérer, la construction des niveaux ne favorise pas toujours, voire même rarement, l’utilisation du fusil sniper couché dans l’herbe. Non, comptez sur quelques environnements bien fermés (rues sans possibilité d’utiliser la hauteur, usine, etc.) et sur un gameplay sans saveur.
Alors une fois l’entourloupe du titre passé, que reste-t-il ? Une killcam plutôt sympa, quoique rapidement gonflante, montrant comment la balle est venue se loger dans les testicules du soldat nazi. Au-delà de cela, quelques rares moments de plaisir quand vous arrivez, après avoir désactivé les aides, à abattre un ennemi à 200 mètres avant que tous ces potes ne rappliquent et vous forcent à abandonner la finesse d’un cache-cache pour un bain de sang à la grenade. En dehors de son nom, Sniper Elite V2 ne propose rien de transcendant. Un jeu de tir à la troisième personne bien en dessous de la concurrence dans un contexte vu et revu, le tout agrémenté d’un fusil sniper qui finira par peser bien lourd en bandoulière.