Si tu pensais que Guillaume Apollinaire, poète raffiné et maître du vers libre, n’écrivait que des chefs-d’œuvre lyriques, Les Exploits d’un jeune Don Juan est là pour te rappeler qu’il avait aussi une facette nettement plus coquine… et disons-le franchement, pas toujours du meilleur goût.
L’histoire suit Roger, un ado aux hormones en ébullition qui passe son été à explorer, de manière totalement décomplexée (et franchement discutable), les plaisirs de la chair avec toutes les femmes qui croisent son chemin. Le tout est écrit avec une légèreté insolente, entre burlesque, érotisme et satire sociale. Mais soyons clairs : si le but était d’être sulfureux et audacieux, le résultat est surtout un enchaînement de situations graveleuses qui frôle parfois le malaise.
Le gros point fort ? C’est une curiosité littéraire. Apollinaire y manie un style vif et enlevé, et certains passages dégagent une vraie énergie libertine qui peut rappeler les classiques du genre. C’est osé, irrévérencieux et totalement assumé… ce qui en fait un objet littéraire à part.
Le hic ? C’est à la fois très daté et pas toujours très confortable à lire. Les situations décrites, surtout avec le regard moderne, peuvent poser de sérieux problèmes éthiques et rendent le récit plus glauque que véritablement sensuel. Le héros est un adolescent dont les "exploits" dépassent parfois les limites du consentement, et même en le lisant avec un regard historique, certaines scènes restent franchement borderline.
Bref, Les Exploits d’un jeune Don Juan, c’est un texte érotique un peu bancal, à mi-chemin entre la satire et l’excès de lubricité mal dosée. À lire si tu veux découvrir un Apollinaire sous un jour (très) différent… mais sois prêt à lever un sourcil plus d’une fois en te demandant : "Euh, sérieusement ?!"