De nombreux médias ont pour habitude de terrifier la population avec le virus Ebola. Informer sainement sur le sujet, c'est une autre histoire. Vous voulez de la terreur ? Pas de problème ! Voici un film déviant tout droit sorti de Hong Kong traitant l’affaire de manière encore plus surréaliste que TF1 et M6 réunis.
Laissez-moi vous conter l'histoire de Kai, antihéros d'Ebola syndrome, sorti en 1996. Ce film met en scène un personnage principal véritablement ignoble. Kai, après avoir commis un triple meurtre (sa maîtresse, son patron et un complice de ce dernier y passent), échappe à la police en se réfugiant en Afrique du Sud. Travaillant comme cuisinier dans un restaurant de Johannesburg, il est amené à aller acheter de la viande auprès des Zoulous. Mais Kai, en sociopathe invétéré, viole et tue une femme de cette tribu. Cependant, celle-ci est atteinte du virus Ebola... Bien fait, vous dites-vous ? Hélas, il s'avère qu'une personne sur dix millions est porteuse du virus sans en présenter les symptômes – et c'est bien évidemment le cas de notre antihéros (sinon y aurait pas de film, comme on dit...). Ce qui veut dire qu'il va pouvoir refiler ce virus à tout le monde sans en souffrir lui-même...
Toujours centré sur ce protagoniste, le film demeure un des rares à donner un telle importance à un bad guy, et cela comme pour mettre au défi les nerfs du spectateur face à de telles atrocités sanguinolentes et trash qui ne semblent jamais vouloir s'arrêter. Néanmoins, demeure lors de certaines séquences un certain humour (noir, évidemment) pour compenser le ton désabusé du film.
Film : Ebola Syndrome (Yi boh lai beng duk) de Herman Yau (1996). Hong Kong. Avec : Anthony Wong, Marianne Chan, Lo Meng. Disponible en DVD sur le label HK Video.
(cette critique est parue dans le bimestriel satirique liégeois "Le Poiscaille" de janvier-février 2015)