La colline a des yeux par Nicolas Montagne
Après avoir bluffé le public américain avec Haute Tension, Alexandre Aja entre de plein fouet dans Hollywood, avec comme caution un Wes Craven réhabilité depuis la réussite critique de Red Eye. Réécrivant le scénario avec son pote Grégory Levasseur, il annonce un film plutôt différent de l'original, ce qui ne fait jamais de mal pour un remake.
Pourtant, dans la première moitié du film, on est plus dans la copie que la relecture. En effet, on peut remarquer à quel point les deux films se ressemblent jusqu'à l'assassinat du grand-père. Ceci dit, on note bien sûr des couleurs plus belles, des acteurs plus stylés, et des effets de caméra top méga-cool et hype, qui n'apportent strictement rien au film. On note néanmoins que la séquence dans laquelle les cannibales s'infiltrent dans la caravane est largement plus éprouvante qu'elle ne l'était dans le premier, la faute à un réalisme accru. Un point donc, puisque pour réussir son film d'horreur, il faut que le spectateur vive la chose.
A partir de la deuxième moitié du film, l'oeuvre acquiert enfin cette fameuse identité dont se targuait Aja lors des annonces avant la sortie: on entre dans le quotidien de la famille mythologique, on voit leur maison, leur façon de faire à manger (beurk), et on se trouve plus que jamais dans un survival. A partir de là, le film est sauvé. Aja arrête avec ses mouvements de caméra débiles et nous donne un film d'horreur comme on les aime. Dommage que la première partie ne suive pas. On se retrouve donc avec un film parfois un peu trop actuel mais qui réussit au final à séduire par son atmosphère particulière, suintante et glauque.