Road to Nowhere!
Le passage progressif et irrémédiable, lors de la fin des années 1960 et du début de la décennie suivante, d'un clan de motards, utilisant leur engin comme la manifestation d'une utopie libertaire, à...
Par
le 20 juin 2024
44 j'aime
Voir le film
Le film de motards est un genre à lui tout seul, un exercice de style qui ne compte que quelques pépites comme L’Equipée sauvage ou Easy Rider. Dans la plupart des films d’action la moto n’est qu’un accessoire au service du héros. Dans un film de motards la motocyclette est au cœur du scénario, sans elle le film n’existe pas. Jeff Nichols se trouve donc confronté à un problème majeur : faire un film « classique » avec des motos en arrière-plan ou faire un film de motards tout court.
Ma déception vient de la non-résolution de ce problème, The Bikeriders est une histoire d’amitié et d’amour, certes intéressante, où la moto est seulement un moyen de transport et de frime (surtout de frime), l’engin est utilisé comme la voiture dans American Graffiti de Georges Lucas : le truc pour rouler des mécaniques et draguer les filles.
L’imagerie vintage du gars en cuir, le gros rebelle, qui fait vrombir le monstre a fait long feu. Tom Hardy est un grand acteur mais il lui manque du kilométrage pour faire oublier Marlon Brando. Austin Butler prend des poses qui frisent le ridicule, le réalisateur fait carrément des arrêts sur image sur sa gueule d’ange maculée de cambouis ou de sang, ça en devient gênant au bout d’un quart d’heure, on dirait une pub pour un parfum. A la quatorzième cigarette, Butler dit un mot du style « ça va toi ? » à Jodie Comer qui essaie, sans succès, de la jouer fille du peuple un brin vulgaire. Un rôle féminin pour une Faye Dunaway ou une Michelle Pfeiffer, oui d’accord, des actrices qui savent se salir, mais pas pour la mignonne Jodie Comer toute proprette sur elle.
Le scénario ne casse pas trois pneus à un motard, c’est viril sans plus, avec le minimum syndical niveau bagarre, trois coups de poing et puis s’en vont, on se demande pourquoi ces mecs en cuir font peur à tout le monde. Un Lee Marvin à son apogée aurait bien foutu les jetons à toute la contrée mais là on est plus chez les Bisounours que chez Liberty Valance. Décidément mon casting personnel date un brin, serait-on en panne d’actrices et d’acteurs charismatiques ? La question est posée.
La mise en scène est tellement inspirée, pour ne pas écrire copiée, sur Les Affranchis de Scorsese que, là aussi, j’ai été un peu gêné je dois l’avouer.
Pour résumé, The Bikeriders est un film qui m’a déçu, je m’attendais à beaucoup mieux.
Créée
le 8 juil. 2024
Critique lue 23 fois
1 j'aime
D'autres avis sur The Bikeriders
Le passage progressif et irrémédiable, lors de la fin des années 1960 et du début de la décennie suivante, d'un clan de motards, utilisant leur engin comme la manifestation d'une utopie libertaire, à...
Par
le 20 juin 2024
44 j'aime
Réalisé par Jeff Nichols, The Bikeriders s'inspire d'un livre d’entretiens et de photos du même nom, publié en 1967 par Danny Lyon. Jeff Nichols est l'un des réalisateurs américains les plus...
Par
le 23 juin 2024
20 j'aime
11
Huit ans ! Cela faisait huit ans que l’on n’avait plus vraiment de nouvelles de Jeff Nichols, l’un des réalisateurs les plus singuliers, et par là-même les plus plus attachants du cinéma US...
Par
le 24 juin 2024
17 j'aime
7
Du même critique
Avertissement au potentiel lecteur de cette chronique : J’écoute Michael Jackson, je lis Céline, j’admire Marlon Brando, je revois Les Valseuses avec plaisir, je souris en écoutant les digressions...
le 11 juin 2024
2 j'aime
Au fil de mes chroniques vous avez compris que je déroge souvent à mes principes. Donc, en principe, je fuis comme la peste les films qui relatent les abandons ou les enlèvements d’enfants. Je...
le 27 mars 2024
2 j'aime
2
Ma chronique ne sera pas proportionnelle aux moyens mis en œuvre pour la réalisation de ce deuxième volet gigantesque, que dis-je, pharaonique. Pourquoi me direz-vous ? Mais tout simplement parce que...
le 23 mars 2024
2 j'aime