Quand des cylindres venus de Mars se mettent à tomber en pleine cambrousse anglaise, ce n’est pas seulement la preuve qu’il y a une vie extraterrestre, c’est aussi la preuve que l’homme est devenu une proie comme les autres, ou que la comparaison ‘pied-fourmilière’ a radicalement changé de dimension. Wells le rappelle à de nombreuses reprises, comparant les Martiens et leur Rayon Ardent à l’inévitable destruction de la vie fourmilière humaine, anéantie par une force qui les dépasse dans tous les secteurs.
Quand on lit LA GUERRE DES MONDES, on pense presque par défaut au film de Spielberg et au blockbuster qui en découle. Pourtant, ici, il n’y a pas de quelconque effusion grandiloquente. On suit l’évolution de la situation à travers les yeux du narrateur, anonyme journaliste essayant de survivre tant bien que mal à cette apocalypse venue d’ailleurs. Le roman se déroule à la toute fin du XIXe siècle, où la civilisation humaine n’est pas celle que retranscrit Spielberg dans son film : les seules armes à disposition des soldats sont de simples canons, tout le monde reste très curieux en ce qui concerne ces cylindres et surtout, la méfiance est grande entre tous les pays.
On suit donc les pérégrinations du narrateur (qui raconte parfois celles de son frère), dans une Angleterre et une Londres dévastées par la guerre des mondes. On observe avec horreur l’avancée martienne (important frisson quand apparaissent les premiers volutes de Fumée Noire), pulvérisant tout ce qui lui passe à portée avec son Rayon Ardent. Le journaliste va de plus devoir se frotter à l’être humain en perdition, symbolisé par le vicaire et l’artilleur. Les quelques pages d’analyse du mode de vie martien sont agréables et renforcent comme elles précisent le mythe de ces êtres en provenance de la planète rouge.
A noter un certain sens de prémonition dans les pages de Wells. Les Martiens semblent vouloir construire un objet volant, ce que les hommes n’envisagent aucunement, ne serait-ce qu’en théorie. De même, les villes ravagées et Londres dévastée font écho avant l’heure aux destructions des guerres totales, où aucun compromis n’est possible jusqu’à la destruction de l’un ou l’autre.
J’ai aussi beaucoup apprécié les réflexions sur l’Homme en tant qu’être vivant, forcé de se réadapter à la venue inopinée d’un prédateur plus fort que lui. De même que l’ironique absence de microbes sur Mars, disparus grâce à la technologie avancée, achève finalement la guerre des mondes par une victoire terrestre et non pas des Hommes.
Pariston
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le 15 oct. 2012

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Pariston

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